Journal de bord

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France :
Vendredi 24 juillet 2004 : départ de Nice...
29 juillet 2004 : Départ pour l'Asie

Chine :
30 juillet 2004 : Pékin ou la ville du 3e millénaire
31 juillet 2004 : Pékin suite...
1er août 2004 : la cité impériale
2 août 2004 : En route pour le Tibet
3 août 2004 : en route pour le Tibet, suite...

Tibet :
4 août 2004 : Merci Raph
Jeudi 5 Août 2004 : Lhasa..
11 août 2004 : la vie sur le toît du monde
16 août 2004 : Namtso Lake
21 août août 2004 : "Aveugles sans Frontières" et le Monastere de Tsurfu

Inde :
27 août août 2004 : Welcome to India
31 août août 2004 : le pays des 1001 nuits
11 septembre 2004 : Benares : Namaste!
15 septembre 2004 : Bye bye India

Myanmar (Birmanie):
07 octobre 2004 : De retour du Myanmar

Thaïlande :
07 octobre 2004 : Bangkok - Premières impréssions

19 octobre 2004 : Sawsdee Krap !! (Bonjour a vous de Thaïlande)

28 octobre 2004 : Dessine moi la Thailande
03 novembre 2004 : Sawadee Khap a tous pour la dernière fois !

Laos :
12 novembre 2004 : Sabaadi Lao

22 novembre 2004 : Le Laos du Nord au Sud !

Vietnam :
28 novembre 2004 : Good Mourning Vietnam !
5 decembre : De retour de la 8e merveille du monde !
14 decembre 2004: Sing Chao Asia !!!

France : préambule

Vendredi 24 juillet 2004 : départ de Nice...

 

On n'est pas encore parti de France, mais c'est déjà l'aventure : il nous a fallu aujourd'hui boucler nos sacs, et ce n'était pas une mince affaire... Prendre le moins possible tout en ayant tout prévu, ce fut notre premier défi. 

En effet, après les visites chez le médecin tropical, puis la pharmacie et le dentiste, la partie médicaments prend une partie non négligeable du petit volume dont nous disposons. Palud, tourista, douleurs musculaires, oculaires, auditives, nasales et entorses diverses, mieux vaut prévenir n'est ce pas...

Ajoutez à cela que nous traverserons des pays plutôt froids (et en particulier le Tibet), puis très chauds, et vous avez compris une partie du casse tête chinois qu'il nous a fallu résoudre aujourd'hui.

Enfin c'est chose faite, et je vous écris du train entre Nice et Avignon, synonyme de départ... Ici, les gens ne cessent de râler car le train est "bondé". Quelques personnes ont en effet commencé le trajet debout, mais depuis Cannes, tout le monde est assis. On imagine ce que donneront les trains indiens, et qu'elles seront les réactions de la population...

Bref, ça sent le départ... et même si on ne se sent pas encore super prêts, on s'approche quand même de la date du décollage. En route pour l'aventure !

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29 juillet 2004 : Départ pour l'Asie

Ca y est. Le départ est plus que proche !!! Nous allons décoller dans quelques instants pour Pékin, notre première destination. Première impression : nous sommes heureux. Apres tant de préparatifs oscillants entre les hausses et les chutes de moral, c'est plutôt bon signe que ça se termine comme ça ! Je crois que c'est parce qu'on sent qu'il va se passer quelque chose de grand dans les mois a venir, quelque chose d'unique et qui restera grave a jamais. Et puis après tout, on s'aime, on va découvrir le monde et les gens passionnants qui l'habitent, le soleil brille comme pour saluer cette chance… Une petite pensée a tous ceux qui restent en Europe, et qui vont nous suivre sur le net… Ils vont nous manquer… Allez, décollage… Partis pour l'Asie !

 

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Chine :

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30 juillet 2004 : Pékin ou la ville du 3e millénaire

Arrivée sur Pékin a 8h30 pile poil : merci les compagnies allemandes. Direction le bureau de Rebecca, une amie de cousine de grande tante par alliance de la mère de Raphaël… Une proche quoi. D'ailleurs, nous avons le droit des le départ a un méga sourire, un plan de Pékin, des clefs d'appart, un numéro de téléphone en cas de problème, 2 ou 3 notion de chinois, les trucs et astuces du parfait petit français en Chine… bref, le top, et pour tout remerciement, qu'avons nous en échange : nos petites têtes toutes déphasées par 6 h de décalage, agrémentées quand même d'un sourire, faut pas déconner. Un petit coup de taxi plus tard, et nous voici dans notre appart d'accueil : un bon 70 m2, air conditionné), grand luxe, mais bien pauvre en meubles et affaires : notre hôte absent vient tout juste d'arriver a Pékin. Enfin, on ne va pas trop lui en vouloir, c'est du tout confort pour l'arrivée. Juste ce qu'il nous faut pour entamer une sieste de… 4 heures. Une mini grasse matinée d'après midi, une petite ballade dans le quartier pour acheter quelques provisions afin de pouvoir s'essayer des le début a la cuisine chinoise de nos propres mains. Un petit dîner puis au dodo, il faut bien qu'on récupère…

 

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31 juillet 2004 : Pékin suite...

C'est le jour ou Aline et Raph nous rejoignent à l'autre bout du monde. Petite présentation rapide de nos compagnons de route : Aline est instit sur Nice, et trésorière de l'asso culture de différences. Elle souhaiterait elle aussi partager nos expériences avec ses élèves. Raphaël, souvent raccourci en Raph, est son boyfriend. Travaillant dans l'humanitaire, il a pas mal roule sa bosse a travers le monde et son expérience des situations un peu extrême nous sera très précieuse… Il faut donc que nous soyons en forme… debout vers 10 heures… Repetit tour de quartier : ça serait bien qu'on trouve un cybercafé pour donner deux trios nouvelles a tous nos relatives qui n'ont pas la chance de connaître le 3e millénaire a Beijing : avenue gigantesque (3 a 7 voies), pistes cyclables, rangées d'arbres puis trottoirs spacieux… au concours de l'urbanisme, je donne la palme a Pékin, et comprends mieux comment ils ont décroches les J.O. de 2008. Les infrastructures sont au moins aussi modernes que chez nous, et je crois que nous avons des leçons à prendre en terme de propreté. Il faut dire que tous les matins, des fonctionnaires au dossart orange s'accroupissent dans les pelouses et trient les mauvaises herbes qu'ils arrachent à la main, pendant que leurs collègues enlèvent les mégots des grilles des arbres… Malheureusement, d'après notre guide, les autorités chinoises n'apprécient pas trop les libertés qu'offrent internet, et c'est pourquoi les cybercafés sont plus ou moins camoufles… en bref, on n'en a pas trouve et l'heure tourne. Juste le temps pour nous de faire quelques emplettes pour pouvoir faire un petit repas de bienvenue a nos amis, et il est déjà 12h10 ! Nous avions rendez vous a midi… pas de panique, ils voyagent avec Aeroflot. Ils auront au moins 3-4 heures de retard… 2 minutes après avoir tourne la clef de l'appart, la sonnette retentit ! Et oui, ce sont eux ! Le quart d'heure pékinois de retard, et c'est tout ! Et ils ont l'air en forme en plus de ça… Un déjeuner maison pour les accueillir, et ils sont d'attaque pour une petite visite… et puis après tout, on est un peu des touristes, non ? Direction Tien an men, quelques photos, un petit tour autour de l'endroit historique, une petite pensée aux étudiants qui ont eu le mérite d'essayer, mais sur la place, c'est le regard de Mao qui trône, et les vendeurs a la sauvette nous propose des montres a son effigie, ou encore son petit livre rouge traduit au cas ou on soit en panne de culture. Pas de souvenirs de chars en revanche, et je ne crois pas que le fait de m'allonger sur l'avenue serait très bien pris par les gardes qui scrutent l'horizon à tous les coins de rue. Nous poursuivons vers la vielle ville pour y découvrir des petites ruelles qui ne sont pas dénuées de tout charme. Nous en profitons donc jusqu'au bout de l'après midi pour finalement échouer dans un café local, les pieds surchauffes (au moins les miens), pour un petit thé traditionnel… au pardon ! houblon traditionnel… enfin, vous m'avez compris : on s'est désaltéré et c'était bien mérité. Le soleil commence a se coucher (enfin, c'est vraiment le tout début, mais pour l'ambiance de l'histoire, c'est mega romantique) et il est temps pour nous de penser a aller au supermarché, histoire de regouter la douce amertume du houblon fermente qui nous a délecté le palais. On fait le plein, on vide nos assiettes, et on attaque le film de la soirée : la cite interdite histoire de nous mettre dans l'ambiance pour la visite du lendemain.

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1er août 2004 : la cité impériale

L'aube de ce nouveau mois s'ouvre sur un projet splendide : s'imprégner de la sérénité de la cite impériale et du calme de toutes les dynasties qui y ont habitées. Bon, c'est vrai, on s'est pas trop levé a l'heure prévue, mais a notre arrivée dans ce lieu sacre, nous avons compris d'un seul coup que la Chine est bien le pays le plus people du monde ! Une petite moitie du gros milliard d'habitants c'était donne rendez vous au même lieu que nous, et pour tout dire, ça a un peu diminue l'intérêt de notre visite. Outre les hurlements de toute parts et les piaillements de enfants pour les accompagner, nous avons eu le droit a une bagarre non organisée et gratuite entre un homme sorti tout droit de la mafia chinoise et une demoiselle aux cheveux longs qui semblait lui empêcher d'accéder du regard au trône impérial. Ca a mis l'ambiance mais ce n'était pas exactement celle qu'on attendait. Ceci n'enlève en rien la beauté du lieu, et même si quelques échafaudages ajoutaient une touche très moderne a l'ensemble, les rues enchevêtrées, ponctuées par des toits traditionnels bordes des quelques dragons ont quand même émoustille notre mémoire. Pour fêter ça, direction le resto chinois. La commande a eu elle aussi sa touché d'exotisme et nous nous en sommes remis au hasard qui d'habitude, fait bien les choses. A part la soupe que nous déconseillons, même pour un prix très très modique, on s'est plutôt régalé. Il faut dire que l'odeur du breuvage que nous avons délaissé rappelait étrangement les selles non moulées qu'il m'arrive de pondre quand j'ai la tourista, on vous passé les détails. Pour en finir avec le tourisme : la montagne de charbon (qui n'a rien a voir avec le minerai) mais qui offre une vue imprenable sur les toits pékinois. Balade bercée par des chants disgracieux des habitants du coin. Retour ensuite dans notre appart pour une dernière nuit confortable. A partir de demain, aventure pour tout le monde !

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2 août 2004 : En route pour le Tibet

Ce coup ci, nos soucy nos yeux s'ouvrent sans problème sur le monde extérieur et ce des 7h30 car nous avons un avion à prendre, et les taxis du coin n'ont pas les options de la 406 blanche que nous connaissons tous. Sans encombre pour l'enregistrement, l'achat de grignotages, le paiement de la tax fee, nous arrivons en salle d'embarquement, théâtre du premier drame de notre voyage. La pièce se joue sans les nanas, qui s'étaient éclipsées aux toilettes, avec beaucoup de figurants. Par un tour de passe passe abracadabrus mordicus, plus d'appareil focus. Et la, c'est le drame… Branle bas d'combat, je donne l'alerte dans mon anglais international, l'une des hôtesses parvient a le comprendre et compatit, traduit la panique de ma déconvenue, mais malgré tous ces remues ménages, alea jacta est, il me faut me rendre a l'évidence, plus de Nikon, plus de photo, plus de sacoche, plus rien, sauf le numéro de téléphone des objets trouves de l'aéroport. Une petite pensée pour les enfants de mes écoles françaises, a qui je ne pourri pas montrer ma première centaine de clichés… :-( Le trajet en avion et les merveilleux paysages à l'arrivée à Xining m'a permis de digérer en partie la pilule. Récupération des bagages, puis bus local jusqu'a la gare, ou nous apprenons qu'il n'y plus de train pour Golmud, notre prochaine étape. Qu'a cela ne tienne, nous optons a nouveau pour le bus semi couchette, qui nous apportera lui aussi son charme local. Outre l'odeur futide qui y règne des notre entrée, nous rendons rapidement compte que les couchettes ne sont pas de tout confort. Départ assez chaotique : 10 km en une heure, ça promet ! Puis le bus se lance et l'euphorie commence a nous gager car les sympathiques tibétains qui font5 la route avec nous sont plutôt souriants et les quelques échanges gastronomiques que nous faisons (gâteaux apero contre véritables petits pois sous gousse ou fève maison) créent une complicité qui traversent même la barrière de la langue. Lorsque la nuit approche, quelques chants a capella, suivis de ceux d'une radio qui grésille, apporte une touché sonore qui nous fait quelque peu oublier la précarité des couches sur lesquelles nous sommes censés nous assoupir. Malheureusement, le froid commence également a se faire sentir et nous tenues estivales ne nous protègent pas suffisamment de son picotement. Les heures s'allongent, d'autant que la vitesse moyenne de notre bus semble avoir beaucoup ralentie. A minuit, c'est l'heure de la pause repas pour tout le monde. Notre car s'arrête alors dans le relais routier le plus pittoresque de mon existence. C'est au feu de bois que se cuisent viandes, soups et autres nouilles reparatrices, mais l'eau boueuse utilisée contracte quelque peu nos estomacs pourtant bien vides. Allez, on se lance, et malgré un prix bien prohibitif, le "boeuf chin à la sauce qui pique fort" nous ravigote un peu, sauf Aline qui boycotte cette gastronomie burlesque. C'est sur ce fameux repas que nos haleines commencent à vraiment peser lourd dans l'atmosphère…

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3 août 2004 : en route pour le Tibet, suite...

Le car repart, mais il commence rapidement à donner des signes de fatigue. Il cale et recale, le radiateur a soif, mais une fuite l'empêche de satisfaire son besoin. Pour le coup, notre moyenne chute au raz des pâquerettes et les arrêts se démultiplient à une vitesse exponentielle. De plus, le froid persiste et signe, et la chaleur de nos corps entremêles (heureusement que nous sommes amoureux) ne suffit pas toujours a tenir tête a ses assauts. A part Aline, qui réussit l'impossible en dormant a poings fermes, nos yeux ne trouvent que peu de repos… La nuit est longue et ponctuée de nombreux arrêts. Quand l'aube point le bout de son nez, dans des couleurs rouges oranges, c'est Jo qui contraste par la pâleur de ses traits. Le ragoût de l nuit semble lui causer quelques soucis et en effet, le premier arrêt lui permet de rendre au sol chinois ce qu'il avait voulu lui faire digérer. Ce moment lui permet cependant un apaisement et les rayons du soleil lui apportent la chaleur nécessaire a un sommeil bien mérite. Nous en profitons tous d'ailleurs, car le repos se fait rare. L'arrêt d'après, c'est l'heure de la pause déjeuner des chauffeurs. Nous en profitons pour demander notre heure d'arrivée, à grand renfort de guide sur lequel tout est inscrit en idéogrammes. Le chauffeur nous fait signe : 12. Est ce midi, une heure après notre question ? Est ce dans 12 heures, c'est à dire a 23h, et dans ce cas ça ferait quand même beaucoup… Est ce que nous avons mal compris son signe, qui ne veut peut être pas du tout dire 12 ? Bref, plus d'interrogations que nous en avions au départ… adviendra ce qu'il advienne… Le car repart, il est midi. On regarde de plus près notre guide "A quelle heure est le départ / l'arrive de ce bus ?" Tout s'éclaire… notre chauffeur 'a pas du répondre a la bonne question… L'après midi nous offre une multitude de paysages tous plus magnifiques les uns que les autres : steppes, déserts, montages, campagnes, leur diversité est a la hauteur de la lassitude qui commence a nous envahir. Moi avec la barre de fer qui me sépare douloureusement le dos, Aline avec un engourdissement du haut de la poitrine, qui ne fait que compléter son mal de cœur intérieur, Jo et Raph se contentant de leur simple fatigue… Nous finirons par arriver à Golmud vers 16h, après quelques 23 heures de trajet… Autant dire que la forme n'est pas trop au rendez vous. Nous nous dirigeons vers un hotel correct, au moins en terme de rapport qualité / prix, posons nos affaires, puis directions la ville pour un repas bien mérite. Les quelques grignotages des dernières 24 heures ont en effet lisses pas mal de place dans nos estomacs… Après avoir cherche sans succès un resto dont la spécialité du poulet aux cachuetes nous mettait l'eau a la bouche, nous rentrons dans le premier venu et nous nous asseyons. Pour la première fois, le menu est exclusivement en idéogrammes, autant dire que pour nous, c'est du chinois. Comme le thé de bienvenue nous est déjà servi, il est trop tard pour faire marche arrière, La serveuse, comprenant notre embarras, nous propose de faire le tour des tables pour designer nos mets, et les clients de se prêter gentiment a cet exercice exotique. A part la bière qui a un aspect international, le choix reste difficile. Prudents, nous ne prenons que 2 plats : le 1er est trop épicé, le deuxième trop mauvais… On se force un peu pour ne pas faire perdre la face a notre restauratrice mais notre véritable repas se terminera finalement au restaurant de notre hôtel, qui a eu la bonne idée de traduire son menu (même si notre beef curry s'est transforme dans la magie de la traduction e un potatoes curry) Ce bon repas nous ravigote, et il ne nous reste plus qu'une mission essentielle a accomplir : se laver. Direction les douches communes. Même si l'aspect extérieur est plutôt rebutant, la chaleur de l'eau couplée a l'efficacité et aux odeurs de notre gel douche nous rappellent d'un coup l'un des bonheurs simples de la vie : être propre. Apres tant de joie, il ne nous reste plus qu'un a satisfaire : le repos. Il est 23h, c'est l'heure du dodo…

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Tibet :

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4 août 2004 : Merci Raph

Ce matin, Raph a gentiment propose de se lever pour nous quatre, et d'aller chercher nos autorisation et nos billets de car des 8h30. Lorsque nous nous levons, il ne nous reste plus qu'à boucler tranquillement nos sacs. Nous avons lu dans notre guide que nous sommes susceptibles de nous faire attaquer a mains armées

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Jeudi 5 Août 2004 : Lhasa

Salut a tous !!!

Je ne sais pas si tout le monde a recu mon premier mail, mais a priori, nous sommes vivants !!!
Apres un debut tres luxueux a Pekin, nous sommes enfin partis pour l'aventure... La grosse mauvais nouvelle, le premier drame de notre voyage : je me suis deja fait vole mon appareil photo numerique a l'aeroport de Pekin... ca va limiter quelaues peu nos premieres illustrations, mais je crois que je vqis essayer d'en raheter un une fois arrive en Inde.
L'aventure disais je... nous sommes donc partis le 2 aout en direction de Xining, en avion, donc de la triche... nous pensions ensuite aller a Goldmud par le train, mais a notre grande surprise, il n'y avait plus de train avant le lendemain. Nous avons quand meme reussi a trouver un bus, qui nous a amene en 23h chrono dans notre ville de destination, et je vous passe les details en terme de confort.
Une fois a Golmud, et apres une nuit d'hotel et une douche salvatrice, depart hier pour Lhasa, dans le meme type de bus, mais la version plus recente (qui depasse le 40 km/h!!!) Bon, il est vrai que les odeurs etaient pire, et nous n'avons pas pu cumuler plus de 2h de sommeil chacun, mais l'arrivee etait splendide et les paysages grandioses...
Bon, la ville de Lhasa a completement perdu sa dimension philosophico religieuse, pour devenir une sorte de Disneyland a la Chinoise, ou tout se monnaye au prix fort, sauf pour les habitants de l'Empire du Milieu...
nous allons cependant des demain visiter l'ancienne demeure du Dalai Lama, le Potala, et peut etre cette dimension nous reapparaitra alors...
Etant donne l'altitude, il nous faut rester qq jours au calme a Lhasa pour nous aclimater et reprendre notre souffle, car la teneur en oxygene du lieu est 3 fois inferieure a l'air que vous respirez tous les jours...

Bref, en 2 mots : tout va bien (sauf pour mon appareil photo qui profte a qqn d'autre en ce moment), nous avons touche du doigt la precarite des transports, mais nous sommes arrives a notre premiere destination, Lhasa, dans des temps records. nous nou sreposons 2-3 jours avant d'aller visiter de plus pres l'immensite des paysages tibetains...

On pense a vous tres fort, et vous nous manquez deja...
un special bisou a nos familles respectives, et particulierement de la part de Jo, qui ne pourra pas se connecter ce soir car elle a des soucis avec son materiel et le tenancier du cybercafe n'a rien voulu entendre... elle vient de partir sans payer, et ca l'a un peu vexe...

Gros bisous a tous, a proximite du toit du monde,
Boozzy (Guillaume) et Jojo

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11 août 2004 : la vie sur le toît du monde

Bonjour a tous !!! C'est l'heure des quelques nouvelles de l'autre bout du monde… Nous sommes toujours vivants, pour commencer, et découvrons chaque jour les richesses du Tibet. Entre les monastères et la sérénité qu'ils dégagent et l'immensité des paysages, nous ne pouvons qu'apprécier les différentes excursions que nous organisons avec difficultés, car le poids de la Chine est omniprésent. On ressent en effet partout leur influence, et leur désir de faire disparaître l'identité tibétaine : la religion est souvent montrée aux touristes comme une attraction, les principaux monuments comme le Potala Palace (siège des dynasties de Dalai Lamas de 1696 a 1958…) sont devenus de véritables musées dans lesquels les chinois font visiter en même temps que les pèlerins prient, et ce a grands coups de mégaphone… Le peuple tibétain reste cependant extraordinaire : toujours souriant malgré l'oppression, on sent que l'accueil fait partie de ses traditions. On l'encourage cependant à éviter tout contact avec les étrangers, et il lui est formellement interdit d'aider, d'héberger ou de prendre en stop les touristes que nous sommes, sous peine de tortures ou même de travaux forces pendant 15 ans ! La région du Tibet est devenue une immense ressource financière pour Pékin : outre les exploitations pétrolières et minières en dépit de tout respect pour l'environnement (la pollution touché les réserves d'eau douce de plus de 2/3 de la planète avec les principaux fleuves d'Asie tells que le Mékong, le Gange, le Yang Tse, …), l'attractivité de la destination "toit du monde" a permis aux chinois de mettre en place un système qui leur permet d'exploiter au maximum les touristes qui s'y risquent (et dont nous faisons partie). Le Tibet est découpé en région, pour lesquelles les visites deviennent payantes, et l'accès a chaque sous région est soumise a l'achat d'un permis de voyager (travel permit). De plus, les infrastructures routières très insuffisantes obligent les touristes qui cherchent a se déplacer dans ce pays deux fois plus grand que la France a louer des 4*4, qui sont aux mains d'agences chinoises qui savent pertinemment que c'est le seul moyen de profiter pleinement de son voyage dans le coin, et qui ne négocient plus les prix exorbitants des locations de véhicules. Pour compléter le tout, ils interdisent aux touristes tous les autres moyens de locomotion : bus locaux, auto stop (les amendes sont très salées et les risques pour les autochtones énormes) et même les chevaux ou les yacks… Nous ne cautionnons pas ce système, et c'est pourquoi les visites que nous avons faites jusqu'a présent se sont faites autour de Lhassa en vélo ou en bus, et bien sur a pieds. Les ballades que nous nous sommes octroyées dans l'immensité des montagnes de plus de 4700 m (presque le Mont Blanc) nous ont particulièrement essoufflées, car l'air est vraiment très très pauvre en oxygène. Nous commençons a nous habituer cependant, et c'est pourquoi nous partons demain pour Namtso, un lac parait-il magnifique, perche a 5200 m, autour duquel nous découvrirons parait il des populations tibétaines nomades… J'ai hâte d'y être… Pour ce qu'il y a d'un petit moins drôle, la nourriture est plus ou moins immangeable des que l'on sort de Lhassa, ce qui m'apprend personnellement beaucoup… il arrive que nous ne mangions pas pendant près de 24h (c'est très rare, j'avoue, mais c'est arrive…) Pour continuer sur les moins bonnes nouvelles (et pour ceux qui ne le savent pas encore), Jo a semble-t-il oublie le câble qui nous permettrait de mettre en ligne toutes les photos qu'elle prend elle avec son appareil (le mien ayant été vole a Pékin nous le rappelons)… Le début de notre voyage est don très pauvre en illustrations visuelles et nous nous en excusons. Je pense que je m'octroierai le rachat d'un câble et peut être même d'un appareil (si mon patron pense a moi, petit clin d'oeil discret…) des notre arrivée en Inde le 24 août. D'ici la, je vous demanderai de bien vouloir être patients et de faire marcher votre imagination a la simple lecture des ces quelques mots… Dur aussi, nous commençons a avoir nos premiers troubles digestifs, et particulièrement Jojo aujourd'hui. Ma douce a d'ailleurs subit une petite chute de moral hier soir du fait de l'exiguïté de la chambre qui nous a été laissée, et surtout parce que sa famille lui manqué beaucoup. Je crois qu'elle a essaye un petit coup de fil qui a du lui remettre le moral dans le droit chemin. De plus, je pense que les paysages magnifiques que nous découvrirons demain la ravigoteront une bonne fois pour toute… Pour organiser ce voyage, étant donne que nous boycottons les jeeps, il nous a fallu regrouper 10 personnes pour faire un minibus. Grâce aux talents artistiques de Jo, nous avons colle des affichettes magnifiques dans les principaux hôtels de la capitale hier soir, et les retours ont été supérieurs a toutes nos espérances… des ce matin, nous avions une bonne douzaine de personnes de tous les pays partantes pour notre destination… Je pense que le voyage de demain sera très sympa (mais pas très confortable, les routes sont très cabossées, on ne peut pas tout avoir…) Voila pour l'essentiel. Je suis désolé car j'avais prévu de faire un journal de bord quotidien, que je parviens pour l'instant a tenir a jour sous sa forme papier (ça me fait du bien de reprendre le stylo, ça faisait bien longtemps que je l'avais troque pour le clavier…), mais je n'arrive pas a trouver le temps de tout recopier sur l'ordinateur pour le mettre en ligne… Heureusement que mes amis Matrax et Baptigoalstre se sont proposes de m'aider de France, car je ne pourrais rien faire sans eux… Un grand MERCI encore. Voili voilou, ce coup ci, je vais vous laisser… jusqu'au prochain épisode. Je crois qu'il sera lui aussi riche en apprentissages, et qu'il nous apportera beaucoup pour notre culture de la différence… En vous embrasse tous très forts. Un spécial bisou a ma soeurette, c'est aujourd'hui sa fête, et a mon ptit papa, la sienne étant passée de peu. Je crois que ma douce et tender embrasse elle aussi très très fort toute sa petite famille… Amis, poteaux, il ne manqué que vous ici pour que la fête soit complète… mais on peut pas tout avoir, et j'ai déjà la chance de vous avoir… Big Biz By Booz and Jojo

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16 août 2004 : Namtso Lake

Bonjour a toutes et a tous ! Et non, nous n'oublions pas tous nos compatriotes, et notre retour a Lhassa est l'occasion de cous refaire un petit coucou et de vous remettre au doux parfum de Lotus de notre découverte du toit du monde. La dernière fois que je vous ai laisse, nous étions sur le départ pour Namtso, un lac perche a près de 5000 m. Et bien ce départ a bien eu lieu, et après 6 heures de minibus sur des nids de poules dans lesquels nous pouvions loger les renards (60 km en 3h30!), accompagnes de 6 aventuriers de tous les coins de la planète (3 canadiens, 2 allemands, un Israélien et 4 frenchies (nous)), nous sommes arrives sur un lieu enchanteur : un immense lac de 25 km de large sur 70 de long de couleur turquoise bleutée par endroit, entoure de chaînes de montagnes rivalisant de couleurs (brunes rouges et vertes pour les plus basses - moins de 6000 m, vous imaginez…et blanches immaculées pour les autres, ponctuées de ci de la par des ombres grisées). L'endroit est magique, et heureusement, car les conditions d'hébergement sont de plus en plus précaires. Des tentes arrangées nous sont proposes, et nous n'avons pas a faire la fine bouche. Nous avions cependant prévu pulls, doudounes, anoraks, polaires et collants nécessaires a notre survie nocturne, et ça ne fut pas superflu, car les nuits sont fraîches a 4700 m sans chauffage… Nous profitons des notre arrivée des paysages par le biaise de randonnes plus ou moins importantes, et notre journée du 13 marque un point d'honneur a cette détente marchée. Les plaines immenses qui bordent le lac sont trompeuses, et nous ne parvenons même pas à border la plus petite largeur du lac dans les 4h30 de marche que nous engageons le matin. La platitude de la marche de sied guère a mon amoureuse qui préfère les aspérités des montagnes, et la rencontre d'un nomade souriant et fort sympathique ne suffira pas a lui redonner le sourire immédiatement. Il faut dire que la barrière de la langue nous empêche de lui poser toutes les questions qui nous traversent : comment parvient-il a faire vivre ses 3 enfants qui se cachent derrière lui la goutte au nez, plein de poussière ? Ses troupeaux de yacks et de moutons que nous apercevons au loin sont nécessairement transformes en produits finis, mais lesquels ? Nous voyons sécher autour de sa tente un paquet de bouses, qui doit lui servir de combustible et de chauffage, mais quelles ont les étapes qui lui permettent de faire de ces défections un produit essentiel a sa survie ? Enfin, que pense-t-il de toutes ces constructions qui émergent comme des champignons, peut être un peu de notre faute a nous, touristes de l'autre bout de monde, et qui risquent de faire disparaître a jamais les terres qui sont nécessaires a la survie de ses bêtes ? Est-il au courant que tout le long du trajet, nous avons vu "fleurir" dans les campagnes environnantes les prémices d'une ligne de chemin de fer reliant Lhassa a Golmud, et qui correspond aujourd'hui a la naissance de milliers de pylônes au milieu des vertes prairies de sa région ? Il faut en effet réunir les infrastructures nécessaires pour les prochains jeux olympiques de 2008 que nous regarderons tous a la tele (au fait, je serais content de recevoir quelques nouvelles a ce sujet car nous sommes vraiment coupes de l'info ici, et les quelques connexions que je m'octroient vous sont éminemment destinées...) Au retour de cette découverte très intéressante mais qui nous ai forcée a la réflexion sur le développement (du fait de l'apparent bonheur qui se dégageait de cette population simple), nous nous permettrons une petite marche plus physique, afin que chacun d'entre nous soient combles. Apres une heure de grimpette pour dépasser pour la première fois de nos vies le 5000 m a pieds, la vue qui s'offre a nous restera a jamais gravée dans nos mémoires. Le panoramique le plus grandiose de mon existence, avec le concert de couleurs de je vous ai parle qui se noie a l'infini de l'immensité des paysages alentours. Dame Nature est belle, et elle nous le rappelle d'un coup. Afin de parfaire ces visions idylliques, nous nous permettrons un bain avec ma douce dans l'eau claire du lac de 4700 m, non sans une certaine fierté, puis le coucher de soleil paracheva ce qui fut pour nous la meilleure journée de ce voyage qui ne fait que commencer. Le lendemain fut essentiellement destine au retour en minibus, puis a la recherché d'une chambre car le 15 août rassemble une grande partie de la population autochtone autour d'un festival national, comme un clin d'oeil a notre religion occidental, et cette réunion correspond a une explosion des réservations pour tous les hôtels de la capitale. Nous finirons par trouver une chambre hors de prix, mais qui nous apportera au moins le repos et l'hygiène d'une douce chaude… Le festival est officiellement déconseillé car particulièrement tibétain, et les autorités anticipant toujours un soulèvement des populations plus indépendantistes que d'autres. C'est pourquoi elles annuleront une très grande partie de cette fête locale, et organiseront une contre fête 100 % chinoise en face même du Potala, histoire de rappeler a tous leur suprématie. Ce fait renforce encore notre mauvaise impression sur les colons, mais nous nous efforçons de ne pas généraliser la chose, même lorsque après nous être levé a 6 heures pour nous rendre au festival des le lever du soleil, on nous barre la route alors que des dizaines de milliers de pèlerins et de chinois passent sans problème : on nous demande de payer l'entrée du fait de la fortune qui est associée a notre couleur de peau. Nous refusons ce chantage, et malgré quelques tentatives ludiques pour passer les barrages a quatre sous une cape de pluie, et les rires de gardes qui finiront par compatir, nous n'obtiendront pas d'eux la gratuite et ne rentreront pas au Coeur du festival. Pour rattraper la chose, nous ferons le tour du Potala avec les rares pèlerins qui n'aurons pas fait le déplacement au Monastère du festival, et préparerons notre prochaine étape : un autre lac a 6 heures de bus d'ici. Malheureusement, notre première panne de réveil ce matin, et plus de bus. Le ciel pluvieux nous consolent quelque peu, car pour notre dernière étape avec nos amis Aline et Raph, il est prévu de camper en total autonomie, loin des hôtels et des restos finalement pas si inconfortables de Lhassa. IL faut faire contre mauvaise fortune bon Coeur, et ce sursis nous permettra également de rentrer plus avant dans le projet "culture de différences" car il est prévu dans 2 heures d'aller visiter une école construite par une allemande pour les enfants aveugles tibétains, complètement délaissés par toutes les autorités locales et sanitaires. Vous serez les premiers informes de cette initiative qui nous parait déjà plus qu'intéressante. En attendant, je dois vous laisser, car il est temps de profiter d'un de mes derniers repas civilisés avant le camping sauvage. Nous vous embrassons tous très très fort et pensons beaucoup a vous. A bientôt pour de nouvelles aventures,

 

 

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21 août 2004 : "Aveugles sans Frontières" et le Monastere de Tsurfu

Chers parents,
Chères sœurettes, chers frangins
Chers ami(e)s et collègues,

Nous approchons maintenant de la fin de notre premier périple a travers le Tibet, et il est temps de vous écrire pour la 4e fois car ces derniers jours étaient particulièrement riches en apprentissages.
Si je me souviens bien, je vous ai laisse quelques heures avant d'aller visiter les locaux de "blinds without borders" (aveugles sans frontières), une asso crée par une allemande souffrant de cécité, Sabriye TENBERKEN, afin de donner une chance aux aveugles du pays.
En effet, le Tibet a malheureusement un taux particulièrement important d'enfants aveugles, et ce pour plusieurs raisons : le soleil de haute montagne tout d'abord, qui attaque particulirement les yeux des autochtones. La fumée qui se dégage de la bouse de yack lorsqu'elle brûle (principal combustible utilise par les nomades), et qui crame dans le même temps une partie de la rétine de ceux qui l'entourent, et enfin le manque de traitements sanitaires qui fait que beaucoup d'infections oculaires bénignes prennent des aspects beaucoup plus inquiétants assez rapidement…
Or, comme si le sort ne s'était pas suffisamment acharne sur eux, beaucoup de parents d'aveugles n'acceptent pas la maladie de leurs enfants, et certaines croyances lui accordant même une dimension de punition par rapport à des fautes commises dans les vies antérieures de l'enfant. Les pires traitements leurs sont alors affliges, comme par exemple attacher l'enfant dans un coin de la maison pour le cacher aux yeux des autres, ou encore le battre pour les fautes que ses vies précédentes auraient commises.
L'idée de cette allemande a donc été de créer un espace de formation cherchant à donner une chance a ces enfants. Particulièrement sensibilisée au sort du Tibet de par ses études (Anthropologie sur les Tibétains et les Mongoles), elle crée d'elle-même un brail pour la langue tibétaine.
Elle l'exploite à Lhassa dans une école, afin de donner la possibilité aux aveugles de communiquer, Les résultats sont au-delà de ses espérances, et en quelques semaines, les enfants apprennent 3 brails différents, ainsi que les langues orales qui leur correspondent : le chinois, l'anglais et le tibetain.
Des lors, les parents de ces aveugles n'ont plus le même regard sur leur enfant qui a retrouve le sourire et la confiance en lui, et nombreux sont ceux qui prennent maintenant une place importante dans les villages ou le taux d'illettrisme avoisine les 75%.
Apres cet apprentissage "de base", beaucoup continuent dans les structures d'orientation professionnelle, construites afin que la plus grande partie des rêves de métiers de ces aveugles deviennent réalité.
Pour financer toutes ces activités, notre hôte a écrit un livre dénommé "mon chemin mène au Tibet", a priori disponible dans les FNAC en France. L'une de mes missions en rentrant sera de l'acquérir, car c'est comme ça que Raphaël a connu cette association et nous a conseille de la visiter. Le livre est parait il très prenant, et nous n'en doutons pas…
La visite de cette école très particulière a été pour nous très émouvante, et l'un des objectifs principal de la fondatrice est de faire accepter au mieux les différences qui séparent les aveugles des personnes voyantes, et ce dans la société tibétaine. Ce fut également pour nous l'occasion de nous rendre compte de l'importance de l'école et des apprentissages qu'elle peut apporter en tant qu'outils pour affronter la vie professionnelle, et ce notamment lorsque les enfants sont au départ quelque peu défavorisés. Le fait est que la motivation de ces enfants a prouve à beaucoup que leurs capacités d'apprentissage étaient finalement largement supérieures à celle des autres enfants beaucoup moins impliqués dans leur avenir…
Bref, le sourire de ces enfants handicapés de l'autre bout du monde nous a rappelle la chance que nous avons eue, nous dans nos écoles en France, et nous espérons que les écoliers de Jules Verne et de Moulinet se rendent compte eux aussi du bonheur que peut apporter ne serait ce que de savoir lire et écrire, comme de celui de pouvoir voir et admirer ce qui les entourent…

Apres cette visite, nous avions convenu de partir à l'aventure pendant 3 jours : tentes et duvet, quelques victuailles, deux trois pulls et polaires, et en route pour le Monastere de Tsurfu à 3 petites heures en bus de la capitale tibetaine.
Un petit tour dans les lieux sacrés, puis nous prenons la route au milieu des montagnes, nos sacs a dos bien remplis (20 kg pour les mecs, 12 pour les nanas). Nous rencontrons sur le chemin quelques enfants du coin, avec lesquels nous jouons à papier feuille ciseaux et au bras de fer chinois (ironie du sort… pour ceux qui ne connaissent pas, chercher à coincer le pouce de l'adversaire avec le sien)
5 heures de marche plus tard, nous nous essoufflons, malgré les paysages toujours aussi merveilleux qui nous entourent (des montagnes plus ou moins enneigées, ça vous l'aurez devine, mais aussi des champs dans lesquels courent des ruisseaux, et broutent yacks et chèvres du coin). Nous décidons de planter la tente, ce qui ne s'avère pas trop difficile, puis de faire un feu, ce qui l'est beaucoup plus étant donne le peu de combustibles qui nous entourent. Nous savions cependant que les autochtones utilisent de la bouse de yack séchée, et en cherchant, on arrive à en réunir un peu. En revanche, mes années de scoutisme m'avaient habitué à recueillir du bois pour parfaire les flammes de notre bûcher. Or, très peu d'arbres nous entourent, et l'altitude offre des paysages plus garnis de steppes et d'herbes basses.
Je décide donc d'aller voir un fermier qui garde son troupeau de yacks, lui expliquant par des gestes notre problème. Si j'ai bien compris sa réponse, il semble nous inviter à manger et dormir chez lui… ne souhaitant cependant pas le déranger lui et sa famille, et aussi du fait que nous souhaitons rentabiliser notre tente plantée a la sueur de nos fronts, nous déclinons son offre.
Une petite heure plus tard, nous voyons apparaître l'un des villageois avec un fagot de bois, rien que pour nous… Monsieur avait fait l'aller-retour a pieds, charge de son fardeau, et ce juste pour que nous puissions réchauffer notre soupe hyophilisee… Nous sommes soufflés par tant de gentillesse, et ne savons comment le remercier, d'autant plus qu'il refuse tout ce que nous lui proposons. Il repart dans le froid de la nuit, tandis que nous nous demandons encore si cette situation aurait été possible en France.
Nous finissons par nous coucher sous un ciel magnifiquement étoile… mais les heures qui vont suivre ne seront pas de tout repos, car l'altitude se rappellera à notre mauvais souvenir par une température particulièrement basse. Il nous sera difficile de trouver le sommeil avant que les premiers rayons de soleil ne viennent re réchauffer le sol sur lequel nous campons.
Du coup, il nous est plus complique de marcher le lendemain, d'autant que les courbatures nous rappellent que la veille ne fut pas chaumée. Nous nous apercevons cependant assez vite que nous avons bien marche la veille, et que nous avons pris de l'avance par rapport à notre programme.
Nous replantons donc la tente deux heures et demi après, dans un coin d'herbe un peu a l'écart, entre deux ruisseaux dont les gazouillis apportent une touche champêtre a notre bivouac. Nous pouvons ainsi poser nos lourds fardeaux et reprendre notre rando beaucoup plus légers. Nous décidons de nous diriger vers un petit village, car la faim nous tenaille et nos maigres provisions viennent à manquer. Mon oeil exerce d'ancien fils de paysan reconnaît des champs de pommes de terre alentour, et c'est pourquoi nous demandons par mimes a la première vieille dame que nous rencontrons s'il est possible de lui acheter des tubercules. Elle nous fait signe que oui, puis nous invite à la suivre. Au lieu de nous amener dans sa réserve, elle nous fait asseoir dans un salon - sale de prières, décorée de photos des trois derniers Dalai Lamas, dans lequel se trouvent 3 de ses fils. Elle nous sert le thé (est ce le fameux thé au beurre rance de yack dont nous avons si souvent entendu parle, et que nous cherchons à fuir depuis le début de notre séjour ? Nous ne le saurons jamais, mais le goût plutôt sucré, bien qu'assez écœurant, nous a rassure agréablement), puis des petits gâteaux. Nous nous retrouvons tous les 4, attables pour le goûter, tandis que nos hôtes se mettent à réciter des prières. Dans la cuisine, un bruit de friture nous parvient. La vielle dame revient, et nous explique que les prières sont à destination d'un de ses fils, qui était Lama à Drepung (10 yuangs a celui qui se souvient ou est Drepung et qui me l'écrit en premier), et qui est officiellement mort d'un accident de voiture. Je me souviens alors avoir lu dans le Routard que le monastère comptait, il y a quelques années, plusieurs milliers de moines, et qu'ils ne sont plus qu'une centaine. Beaucoup d'entre eux furent obliges de renier le Dalai Lama en exil, et de prêter serment au nouveau mis en place par le régime de Pékin.
Nous sommes alors invites à la cuisine, dans laquelle nous attend un festin, tout du moins pour le village dans lequel nous sommes. Les fameuses pommes de terre que nous souhaitions acheter sont dans nos assiettes, parfaitement cuisinées, et du pain fait de tsampa (la farine locale) accompagne ce repas qui trouve un écho particulier non seulement dans nos estomacs mais aussi dans nos cœurs. Une fois rassasiés, nous cherchons quelque chose pour les remercier. La encore, nos hôtes semblent tout refuser, mais le mari de la vieille s'intéresse d'un coup a mes lunettes. Il nous fait comprendre qu'il ne voit plus comme avant. Sachant cependant que les verres ne sont pas particulièrement adaptés à sa pathologie, je refuse, et c'est finalement Jo qui trouvera le meilleur cadeau à leur offrir : un couteau Suisse, et ses multiples facettes, qui emerveillera tout de suite tous les hommes de la famille.
Nous voici reparti, encore tout chavirés par la gentillesse et la simplicité de l'accueil qui nous a été réservé. En contre partie, un orage éclate, histoire de nous faire comprendre que nous ne sommes pas encore arrives au paradis. Nous parviendrons tant bien que mal à nous faire réchauffer notre dernière soupe entre deux ondées, puis nous couchons à 4 dans une tente de 3, l'idée étant de nous réchauffer par chaleur corporelle.
Malheureusement, un orage apocalyptique éclate une heure après que nos yeux aient trouvé la position fermée, et ils ne la retrouveront pas de la nuit… En effet, des trombes d'eau s'abattent sur nos abris nomades, et la toile commence peu a peu à laisser passer le liquide plutôt froid. Celui ci s'infiltre a son tour dans nos duvets et sur le sol, et nos tentes sont bientôt des pataugeoires dont nous nous serions bien passés… Malgré un changement de logement (dans la deuxième toile) et l'utilisation de nos couvertures de survie pas tout à fait adaptées aux circonstances, nous ne trouvons pas le sommeil, et le lever du jour nous permettra de nous rendre compte que nos abris de fortune flottent en fait au milieu d'un marécage peu attrayant pour nos membres déjà trempes.
Nous parvenons cependant à démonter notre campement, à refaire nos bagages, puis à reprendre la route, ce qui nous réchauffe peu a peu et les muscles, et les cœurs. Le moral revient complètement lorsqu'un tracteur nous propose de monter dans sa remorque. Une dizaine de km plus loin, nous changeons de monture, pour une camionnette plus rapide, et déjà habitée de cinq autres auto stoppeurs qui profiteront tout comme nous de l'aubaine jusqu'à être de retour dans la capitale…

Que d'émotions et de découvertes ! Ces trois jours furent pour nous très éprouvants, mais aussi les plus riches en apprentissages. Nous avons pu tester l'hospitalité légendaire du peuple tibétain, sa gentillesse malgré les contraintes et la rigueur du climat, mais aussi découvrir par la force de nos muscles des paysages splendides et un peu nos limites…
Depuis, nous nous reposons cependant.

Aline et Raph nous ont quitte ce matin par le bus, et nous les plaignons, car ils doivent recommencer notre exploit de l'aller : environ 2 fois une bonne vingtaine d'heures, plies dans des sièges a couchette demi-portion, dans une odeur insoutenable.
Quant à nous, il est temps de vous envoyer quelques images de ce pays magnifique, et de préparer ensemble notre prochaine destination : Delhi… Depart mardi prochain, et nous sommes deja tout excites à l'idee de decouvrir de nouveaux paysages mais aussi et surtout de nouvelles personnes, qui nous l'esperons seront aussi passionnantes que le peuple tibetain. Une chose est sure : nous n'oublierons jamais les disciples du Dalai Lama, et nous espérons que leur âme parviendra à surpasser toutes les oppressions que le sort lui envoie…
Voila pour le Tibet. Nous tachons en ce moment de dresser un bilan de ce que nous en avons retire, notamment en termes de découverte des habitants. Nous vous inviterons à partager ces réflexions des que j'aurai des nouvelles de mes webmasters préférés en France (Goalstre, t'as disparu de la planète ou quoi ?), car je ne peux rien faire d'ici (ne disposant pas des logiciels adequats)

On pense tres tres fort a vous tous, et espérons que vous avez apprécié vous aussi le voyage sur le toit du monde. Nous nous retrouverons prochainement, sûrement un peu plus au Sud, dans la démocratie la plus peuplée du Monde.

A tres bientôt donc,
Gros bisous a toutes et a tous,

Joana et Guillaume

 

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Inde :

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27 août 2004 : Welcome to India

Bonjour a toutes et a tous de la plus grande démocratie du monde !!!

Nous sommes bien arrive à Delhi, capitale de l'ex empire britannique. A l'arrivée, que de changements et de découvertes, et c'est bien ça qu'on recherche (ça tombe bien du coup)
Une chaleur écrasante tout d'abord, quand il ne pleut pas en continu. Nous sommes ici en fin de mousson, et nous ne regrettons pas de ne pas avoir connu l'été... Je pense qu'on avoisine parfois les 40, ce qui ralentit quelque peu notre entrain et notre énergie... Nous sommes donc tombés amoureux des ventilateurs, des coins d'ombre et des musées climatisés
Il faut dire aussi que la ville est un petit peu polluée, ce qui est un pléonasme, et ça crée un petit effet de serre qui n'arrange rien...
Ajoutez à cela en fond sonore des klaxons incessants, une circulation plus que dense mais qui cherche en permanence la fluidité en se faufilant dans tous les sens, et surtout, surtout, beaucoup beaucoup d'indiens...
Or, notre couleur de peau représente souvent pour eux la possibilité de gagner de l'argent, et ce par plusieurs biais. Inutile de rappeler que l'Inde est en effet loin d'être riche, ce qui a développé chez beaucoup des attitudes plus ou moins louables vis a vis des touristes...
Les questions classiques quand on nous aborde : where are you from ? how long are you staying in India ? Pour nous mettre en confiance, mais aussi récolter des précieux renseignements dans le cas ou nous souhaitons voyager... Tous connaissent en effet un moyen de se déplacer à pas cher, et si nous choisissons le leur, ils touchent une commission.
De même, si nous passons quelque temps dans un magasin, et que c'est eux qui nous y emmènent, commission...
On arrive parfois a des dérives. Par exemple, on se déplace à la gare pour réserver nos billets de train, on tombe sur quelqu'un a la tête tres officielle qui nous dit que ce n'est pas possible de réserver trop a l'avance, a moins de passer par une agence dont il connaît l'adresse, il nous fait monter dans un rickshaw, négocie le prix pour nous être sympathique, et on se retrouve dans un lieu ou les billets de train sont beaucoup plus chers, malgré les promesses de notre rabatteur... On est bon pour
recommencer le voyage a la gare le lendemain...
En quelques mots, nos premières impressions restent plutôt bonnes : la ville est pleine de vie, de couleurs et d'odeurs... les gens sont plutôt sympas, même s'il faut en permanence se méfier car beaucoup, sous couvert de nous aider, nous orientent en fait la ou ils touchent des commissions, et ce parfois par le mensonge avec le sourire...
Nous sommes cependant content de partir par le train aujourd'hui, pour un peu plus de clame. Direction Jaiselmer, les portes du désert à la frontière pakistanaise, une grande citadelle, bref, la Carcassonne locale... Nous aurons sûrement la bas de nouvelles découvertes en perspective.
Ah au fait, bonne nouvelle : je me suis racheté un appareil photo, comme promis, et vous aurez sûrement le droit a quelques images prochainement...
j'espère en tout cas que vous avez apprécie celles du Tibet, même s'il semble que vous n'ayez pas tout reçu... je promets de réessayer, mais la connexion ici n'est pas de qualité... c'est pas facile...
Dans l'attente de vous raconter ce qui se passe dans le far west indien, nous vous faisons à toutes et a tous un baiser enflamme par les chaleurs de la capitale...

Big Biz By Booz n Jojo


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31 août 2004 : le pays des 1001 nuits

Bonjour a toutes et a tous,

Je crois que beaucoup d'entre vous sont rentrés aujourd'hui, si ce n'était déjà fait, et on a donc une grande pensée pour vous. Un spécial grand bonjour aux écoles Jules Verne et de Moulinet avec lesquels j'espère nous pourrons maintenant échanger plus fréquemment. Nous serons, si vous le souhaitez, vos reporters sur place, alors, si vous avez des questions, n'hésitez pas…

De notre cote, nous ne regrettons pas du tout Delhi… Comme nous vous l'avions annonces, nous avons pris le train pour l'extrême Ouest de l'Inde, une ville aux portes du désert dénommée Jaiselmer… C'est magnifique.

Bon, faut y arriver d'abord. Le train indien, ça fonctionne, mais faut pas être trop presse. Nous sommes parties vendredi dernier de Delhi vers 18h30 (départ prévu a 17h20) pour arriver à Jaiselmer a 14h30 le lendemain. Il y a quand même 900 km mais c'est pas le TGV. 2h30 de retard a l'arrivée, j'imagine ce qu'auraient dit les français a la SNCF… Ben ici, c'est plutôt un bon score, alors bien sur, c'est pas la peine d'espérer un quelconque remboursement.

A l'arrivée, on oublie tous ces petits désagréments (genre couchette en bois renforce, chaleur et odeurs très très fortes, possibilités de vols, donc il ne faut dormir que d'un oeil, ce qui est fatiguant finalement, et pour couronner le tout, un train qui klaxonne toutes les 2 min (ce qui n'est pas tres pratique non plus pour dormir; -) car on est tout de suite sous le charme… le pays des 1001 nuits.

Imaginez une grande forteresse (type Carcassonne) de couleur ocre, surplombant une mignonne petite ville (65000 hab.), parsemés d'havelis, c'est à dire des palais construits par des riches marchands au début du XXe siècle, et qui rivalisent de beauté entre eux… bref, une province enchanteresse qui nous a enchante.

Outre la visite de la ville, nous nous sommes permis comme beaucoup de touristes une promenade a dos de dromadaire, un "camel safari" comme ils dissent ici. Contrairement a beaucoup cependant, nous avons réussi à limiter les dégâts, car de nombreux étrangers se font embobiner, et se retrouvent pendant 3-4 jours sur ces animaux très très inconfortables, à dormir plutôt mal à cause de la température et l'épaisseur des couches, et à admirer des paysages finalement très similaires et donc quelque peu monotones.

Nous savions en partie qu'il ne fallait pas tomber dans le piège (un grand merci a Aline et Raph, ainsi qu'au Routard, qui nous avaient prévenus), et nous nous sommes contentés d'un après midi jeep + dromadaires… C'était pile poil ce qui nous fallait. La jeep nous emmène rapidement dans les endroits les plus beaux (ceux que les touristes sur leur camel mettent des heures à atteindre), puis nous louons des dromadaires pour essayer, et ce pendant deux heures (car c'est en effet très inconfortable, et un peu
monotone), nous nous asseyons pour voir le coucher de soleil, qui malheureusement s'est bien caché derrière les nuages, et retour de nuit avec une musique indienne endiablée dans l'auto radio, et ce presque pas fatigues, contrairement aux nombreux homologues que nous avons rencontres, et qui n'ont vu de Jaiselmer que leur camel safari, les courbatures et les coups de soleil qui vont avec, et un écartement des jambes caractéristique, qui ne retrouvent leur forme habituelle qu'après quelques jours.

Nous sommes repartis de cette ville mythique mardi après midi, à nouveau par le train. Direction : Pushkar, un petit village, toujours au Rajasthan (le pays des maharadjahs), connu pour sa dimension religieuse et son culte du Dieu Brahmâ - qui n'est vénéré qu'ici en Inde -
La quiétude du lieu nous a tout de suite séduits, et la dimension humaine nous change du tout au tout par rapport à la capitale. De nombreux jardins, un lac sacre, et des bâtisses blanches plutôt sereines elles aussi, et ce au milieu de quelques collines, ce qui n'est pas pour déplaire à ma douce et tendre. Bref, là encore, le bonheur.

Malheureusement, nous quittons Pushkar des demain, car le temps nous est compte, et nous souhaiterions découvrir également une autre ville du Rajasthan : Udaipur (j'espere que ceux qui ont des bons atlas arrivent à nous suivre… C'est au sud de l'etat). Ce coup ci, nous essayerons le bus. Il parait que la conduite est un peu sportive, mais ne vous inquiétez pas, les bus ne dépassent pas les 40 km/h. En cas de problème, nous écouterons Coluche : on descendra avant l'impact…

Allez, il est temps deja de vous laisser, car l'heure tourney, et nous sommes chronometres… J'ai entendu parle de problemes de reception dans nos photos… si ceux qui les ont recu pouvaient les renvoyer à toute la liste a laquelle j'envoie ces mails, ca serait vraiment vraiment super mega tres tres gentil (de la magnanimite)… Merci d'avance…

Grosses bises enchantees du pays d'Alladin,
Jo et Boozzy

 

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11 septembre 2004 : Benares : Namaste!

Namaste !

Ca y est, a la vitesse de la lumiere rougeoyante du Rajasthan qui ratrappe celle se couchant sur le Gange, nous voici deja dans notre derniere semaine au pays de Gandhi (les amateurs de dessins animes de ma generation noteront ici un jeu de mots, enfin passons...) Je crois vous avoir laisse pour al derniere fois a Udaipur, ville du maharana (quand il est la) et du lac asseche... Et bien il s'est a nouveau passe des choses depuis (ben ca alors...)

Le lendemain de mon dernier mail (c'est a dire le 7 septembre, pour ceux qui suivent), on a decide de faire avancer encore un peu le projet culoture de differences... C'est pas le tout de decouvrir chaque jour, il faut aussi qu'on vous partage tout ca, et particulierement aux enfants. C'est pourquoi nous avons pris la direction du terrain de cricket - le lac asseche - , car vous ne le savez peut etre pas encore, mais c'est le sport national ici, laisse il y a plus d'un siecle par les colons anglais, et ce
au plus grand plaisir de la population locale. Pourquoi le terrain de cricket ? car c'est l'un des meilleurs moyens (outre l'ecole) de trouver beaucoup d'enfants en peu de temps.

On s'assoit pres du seul supporter encore dans les gradins puis on attend quelques secondes... Apparait un premier groupe de trois gamins qui nous saluent puis nous sollicitent de quelques pieces (comme nous nous y attendions). Quand nous leur proposons de dessiner, et la premiere surprise passee, il se pretent de bonne grace au jeu, et la seance attire vite un 2e, puis un 3e,puis un nieme groupes d'enfants qui veulent s'exprimer sur le papier qu'om leur propose. L'ambiance est a la rigolade, et parfois
meme aux moqueries lorsqu'un chef d'oeuvre ne fait pas l'unanimite, mais les sourires sont francs et sinceres. De nombrueses maisons, parents, montagnes, soleils mais aussi palais voient ainsi le jour picturalement, et nous sommes impressiones par les capacites artistiques de quelques uns... il est vrai que nous sommes dans une ville de predilection, puisqu'il s'agit du berceau de la peinture miniature indienne (dont je vous passe les details, mais c'est tres tres complique et parfois meme tres beau !).
Pour remercier mes artistes en herbe, nous organisons un petit gouter (dans la cohue la plus totale, malgre l'organisation d'un "roi du silence qui nous apportera 2 secondes et deni de repis), ainsi qu'une petite seance de cours de jonglage, qui ne portera malheureusement pas les fruits escomptes. Un tres bon moment partage avec une trentaine d'enfants, et nous voici plein de dessins a rapporter a nos ecoliers de France... Extra !

Le lendemain, nous repartons du Rajsathan, direction Agra. Chritine, Raph et Aline (que nous saluons au passage ;-), connaissent la richesse de cette ville de l'Ouest de l'Uttar Pradesh, mais peut pas vous... Ce ne sont pas les mafias de rickshaws, ni la pollution due aux usines environnantes, mais bien l'un des plus beaux monuments de l'archirtecture mondiale : le Taj Mahal. Nous nous otroyons donc 24h de pause dans cette ville pour verifier si l'architecte perse du 17e a vraiment aussi bien travaille
qu'on ne le dit sur les cartes postales.... Et bien oui, et heureusement, parce que l'entree pour les etrangers correspond environ au salaire moyen mensuel d'un indien, ce qui nous a asseche quelque peu notre bourse (nous en avions presque les larmes aux yeux), mais bon, c'est la rancon du succes. Il faut dire que l'edifice a demande 22 ans de travail (1631 - 1653), le concours d'environ 20000 ouvriers, l'assassinat d'une jeune demoiselle et on imagine beaucou beaucoup de sueur. Commencons par le debut :
l'empereur que nous appelons en Europe le grand Moghol, c'est a dire Sasha Jahan, perd l'amour de sa vie, Mademoiselle Mahal, trois ans apres le debut de son regne. Fou de tristesse, il decide de lui faire eriger le plus beau mosolee d'Orient. Il fait appel pour cela au meilleur architecte du moment, qui a le malheur de lui refuser tout d'abord. C'est pourquoi plus qu'une seule solution : l'assassinat de sa fiancee. La, l'architecte compred enfin la tristesse de l'empereur, et il finit par accepter ce qui
deviendra 400 ans plus tard le plus cher monument d'Inde (et aussi le plus beau qu'on ait visite)

Puis nous voici deja reparti sur les voies ferrees indiennes. Les sieges de la classe sleeper commencent a nous laisser quelques courbatures dans les fesses (nous ne savions que cela etait possible), mais on a rien sans rien. Les paysages sont cependant grandioses, et les campagnes que j'apercois par les bareaux (en Inde, il n'y a pas de fenetre, pour que ca aere, et que ca fasse diminuer quelque peu la chaleur de fournaise qui regne dans les wagons) me laissent pensifs : nous n'avons pas le temps de tout
visiter, et je suis sur que les campagnes qui defilent sous mes yeux nous auraient fait decouvrir encore un nouveau visage de cette democratie immense aux multiples facettes. Peut etre ici les rapports humains sont ils aussi completement differents, beaucoup moins biaises par le tourisme qui malgre tout faussent beaucoup les relations que nous avons avec la population autochtone ? J'espere que le Myanmar nous apportera bientot cette facette rurale qui aura peut etre manquee a notre periple indien, meme si
il est vrai nous l'avions deja quelque peu touche du doigt au Tibet (et ce avec Bonheur d'ailleurs)

Bref, notre tain nous amene a l'est du meme etat, dans une ville sainet sur les bord du Gange : Benares (alias Varanasi). C'est de la que je vous ecris aujourd'hui. Pour la premiere fois depuis longtemps, nous nous sommes leve ce matin a 4h30, pour pouvoir decouvrir les ghats, les ablutions sacrees que sont censes faire tous les indus dans le Gange tous les matins, et ce par 5 fois. Le moment etait tres impressionant, malgre une authenticite quelque peu lesee par les bateaux de touristes qui se ruent sur le
spectacle a grands coups de flashs... Ca, nous, on a boycotte (meme si c'etait pas toujours facile, parce que c'est vrai que c'etait dur de resister... alors j'en ai pris quelques unes sans flash, expres pour vous), et nous avons pris la voie des terres. Pour la premiere fois, on s'est vraiment rendu compte de la dimensions religieuse de ce pays. Peut etre essaiera t on demain nous aussi ces abblutions, meme si c'est vraiment tres tres deconseille sur le plan de l'hygiene (le fleuve le plus pollue du monde
quand meme !)

Cet apres midi, pour finir en beaute, c'etait le "spectacle" des cremations. Lorsqu'un hindou meurre, on le brule pour le purifier, afin qu'il puisse continuer son cycle des reincarnation ( a moins qu'il ne merite le Nirvana). Bon, bien sur, il y a quelques exceptions comme par exeples les enfants de moins de 10 ans, les femmes enceintes ou les hommes saints Sadhu, qui sont suffisamment purs pour etre directement jetes dans le Gange (une fois lestes avec des pierres, faut pas deconner). Derniere exception :
ceux qui sont morts par morsure de cobra, car ce serpent represente Vishnu (si j'ai bien compris...) et il donne lui aussi un pison qui selon eux ne tuens pas completement, mais endore, comme dans un coma. Du coup, le mort mais pas tout a fait est attache a un radeau de bananier (au cas ou il se reveille) puis direction le Gange, comme tout le monde...

Bref, vous comprenez que notre bain de demain est encore hypothetique, mais apres tout... on peut nous aussi nous immerger dans les differences... On verra, c'est la surprise...

En attendant, il est temps a nouveau de vous laisser, mais sachez qu'on pense tres fort a vous. Merci a tous ceux qui apprecient nos petites aventuresm vos mails nous font chaud au coeur.

Gros bisous a tous de notre part a tous les deux,

Boozzy et Jojo

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15 septembre 2004 : Bye bye India

Namaste a tutti !

Ca y est, nous nous sommes baignes dans le Gange, nous sommes benis des Dieux : Krishna, Vishnu, Brahma, Ganesh, tous se passes le mot pour faire de notre etape indienne un veritable idylle. Et nous voici maintenant a notre derniere destination de la plus grande democratie du monde : Calcutta.

Et bien a elle seule, cette megalopole de quelques 13 millions d'habitants (officiels, car beaucoup ne sont pas recenses de par la clandestinite de leur logement) vaut bien des detours, car la vie qui l'anime est tout simplement extraordinaire.

En effet, notre ballade d'hier matin sous la pluie de fin de mousson nous a montre a quel point les Indiens s'activent, s'entremelent tout en se respectant telle une fourmiliere ou chacun a son role a jouer. Pourtant, imaginez un mélange de pollution, de klaxons incessants, d'injections dans la rue, de pluie et de boue se melangeant parfois aux excrements et a l'urine (les toilettes publiques les plus usitees etant les trottoirs), et vous obtenez le concert quotidian qui dait que Calcutta n'a pas toujours tres bonne reputation.

Mais dans ce que nous avons vu, c'est la VIE qui prend le dessus : tous nos sens sont en permanence sollicites par cette animation visuelle, auditive et odorante, et la pauvrete que l'on imaginait particulierement choquante et mendiante s'avere en fait tres digne, car chacun essaye comme il peut d'exercer ce pour quoi il est fait, ce qui confere a la rue une multiplicite de métiers que l'on ne peut imaginer en France (cireurs de chaussure, rickshaws a traction manuelle (meme plus de velo, l'homme nous porte a la force de ses bras !), petites echoppes vendant vraiment de tout et de rien, avec la possibilite de dormir a l'interieur, de nombreux "cantines" de rue dans lesquelles on grignote pour quelques roupies…)

De plus, nous avons resiste aux attaques gastriques que nous redoutions tant (peut etre entre autres du fait que nous avons evite justement les cantines de rue), et notre sante est restee tres solide, ce qui ne gache rine compte tenu de tous les trajets que nous avions a effectuer en si peu de temps. Nous aurions eu beaucoup de mal a tout boucler a proximite des toilettes...

Bref, motre periple indien nous a enchante, et a l'heure du bilan (que nous vous detaillerons plus avant sur notre site - http://culturededifferences.ifrance.com ), voici les quelques remarques que nous avons retenues de notre voyage :

- La population est grouillante et pleine de vie. Elle a le contact tres facile, et les sollicitations que nous avons subies etaient souvent interessees (parce que nous etions dans des lieux particulirement propices aussi). Les indiens sont accueillants, aiment discuter, et sont tres tactiles, mais surtout, ils sont tres tres curieux. Parfois, nous avons rencontre quelques menteurs, surs d'eux, et qui cherchent a nous detourner de notre planning de depart pour nous orienter vers une destination qui leur apporte une commission… car nous representons un pouvoir d'achat tres tres superieur au leur…

- La nourriture est excellente, tres riche en saveur. Elle marie parfaitement sucre-sale et bien sur les epices. Beaucoup d'autochtones ajoutent un 4e sens lorsqu'ils mangent : le toucher, car ils prennent la nourriture avec les doigts (ils ont droit, eux !)

- La circulation est dense, sportive, mais malgre tout "intelligente" dans le sens ou nous avons l'impression que les conducteurs se comprennent entre eux par des codes qui leurs sont propres, (tel que le langage du klaxon), et ils se respectent la plupart du temps (quand il y a petit accrochage, on s'ezxplique sans se casser la gueule comme ca pourrait etre le cas a Nice pare exemple, enfin c'est ce qu'on a vu…)

- La religion est importante, mais semble moins omnipresente qu'au Tibet. Malgre tout, temples, ablutions, 3e oeil, sadhus (hommes religieux hindoux qui consacrent leur vie a la meditation, font de l'Inde un pays particulierement pratiquant. On note que les hindoux, tres majoritaires, co habitent plutot pas trop mal avec les musulmans qui ont souvent leurs mosquees (sauf les extremists, mais c'est comme partout) et les chretiens (beaucoup plus rares, 3% environ)

- Les transports que nous avons utilise sont lents (40 a 50 km de moyenne). Le train est cependant tres fiable, si l'on garde d'un oeil ses affaires. Le bus de nuit est quant a lui tres inconfortable, et plutot dangereux (femmes enceintes, s'abstenir)

- L'art pictural et architectural indien s'exprime, particulierement au Rajsathan. Pour notre part, nous avons particulierement apprecies les havelis (cf. mail Jaiselmer) et les palais type 1001 nuits, meme si dans l'ensemble, beaucoup sont en decrepitude et s'abandonnent un peu (le camembert nous manqué un peu par contre). Le Taj Mahal est lui aussi bien sur incontournable, bien que cher pour nos petits moyens.

- Les paysages que nous avons apercus sont tres varies : entre les deserts du Rajsatahn, les campagnes de nos voyages en train, et les megalopolis de Calcutta et Delhi, sans oublier le fleuve sacre de Benares, nous nous sommes rassasies de leur beaute. A noter la presence des vaches sacrees dans la plupart des villes, qui apporte une touché tres champetre a l'ensemble, notamment sur le periph de Delhi ou la gare de Benares.

Voila en quelques mots ce que nous avons retenus de l'Inde, mais il est difficile de vous retranscrire toute cette vie par des simples phrases. Il parait cependant que la partie Sud du pays est tres differente que celle que nous avons vu Durant les dernieres semaines, notamment en termes de contacts humains. Ceci a excite notre curiosite… un jour prochain peut etre ?

Cependant, nous prenons avec grande joie la direction du Myanmar ce soir. Bien que les birmans subissent chaque jour l'oprression de leur regime politique (on rappelle qu'il s'agit d'une dictature militaire…), il parait que c'est une population delicieuse et que les paysages n'en sont pas moins merveilleux.

Ca promet donc, mais il nous sera malheureusement difficile de vous partager nos experiences birmanes en temps reel, car les acces internet sont tres limites et tres surveilles (encore une fois, la toile apporte beaucoup trop de liberte pour une dictature). Nous tacherons de faire de notre mieux, mais ne nous en voulez pas si vous ne recevez plus de nouvelles pendant quelques semaines (nous repartons pour la Thailande le 7 octobre), nous aurons plus de choses a raconter a notre retour…

Je vais maintenant tacher de vous envoyer quelques clichés de nos aventures. Je vous prie d'excuser les quelques petits problemes que rencontrent en ce moment le site, c'est juste une question de reglages (mais beaucoup d'entre vous s'etonnent en effet de ne plus voir les photos et images en ce moment… j'ai le meme probleme…).

Ne nous reste plus qu'a vous embrasser tous tres humidement (les gouttes de Calcutta ne cessent de les hydrater), et esperer vous donner des nouvelles le plus tot possible…
Bises,
Bye India et a bientot au Myanmar…

Boozzy et Joana

(sommaire)

Le Myanmar (Birmanie)

07 octobre 2004 : De retour du Myanmar

enfin nous pouvons a nouveau vous resouhaiter le
Bonjour a toutes et a tous !

3 semaines sans pouvoir vous partager nos peripeties et sans savoir si vous nous avez repondu, et bien sachez que c'etait une epreuve pour nous... A peine arrives a Bangkok, nous nous sommes jetes sur un cybercafe (avant meme d'avoir trouve une chambre ou dormir), et nous nous sommes apercus que vous ne nous aviez pas oublies non plus (ouf!)
Un super grand merci a tous ceux qui nous ont ecrit, qui se sont inquites meme parfois, et bien nous vous rassurons tous : non seulement on est en vie, mais en pleine forme, et le moral est plus qu'excellent a la mi parcours (deja deux mois que nous avons quitte notre patrie preferee). En plus, on a plein de choses a vous raconter car en 3 semaines de Myanmar, la routine n'est pas au rendez vous.

Commencons par le commencement : Arrivee a Yangoon comme prevu le 16 septembre dernier, apres un vol tres confortable sur Air Thai (mais on fait pas de pub, bien sur). Aeroport minuscule et premieres surprises a la clef :
- Contrairement a ce que nous avions lu dans el Lonely Planet, le Foreighn Exchange Currency (une monnaie cree specialement par le gouvernement pour recuperer des dollars de la part des touristes) n'existe plus, ce qui est plutot une bonne nouvelle car nous n'avons plus a echanger 400 dollars dans cette monnaie de singe utilisable seulement dans ce pays.
- La mauvaise nouvelle : la banque cree pour ce change elle aussi n'existe plus, et elle permettait de retirer de l'argent avec nos cartes bleues. Or, nous n'avons plus un dollar en poche (ni un roupie, ni un yuan, ni un khiat, bref, la deche)
Commence alors pour nous une veritable galere, car tout le monde semble savoir qu'il est completement impossible de retirer de l'argent en Birmanie, sauf l'un des nombreux de chauffeurs de taxi de l'aeroport, qui nous conseille d'aller dans un hotel 5 etoiles. Nous a t il bien regarde ? peut etre avait il oublier ses lunettes ? Nous n'avons meme pas de quoi le payer ! De plus, nous renons d'Inde, ou les chauffeurs de rickshaws et de taxi ne sont pas des plus honnetes (ils touchent une comission a chaque hotel ou commerce visite par les touristes) ; et qu'est ce qui ressemble plus a un chauffeur de taxi qu'un autre chauffeur de taxi, on est pas a une frontiere pres... Et bien si, nous sommes au Myanmar. La est toute la difference (c'est pas pareil la culture, tout ca ;-) Par notre manque de confiance, nous avons perdu une matinee d'allers retours dans la capitale, pour finalement echouer 3 heures apres a l'adresse qu'il nous avait indiquee, 5 etoiles, mais une comission minime (par rapport a ce qu'on a pu trouver dans lesagences de voyage, seules habilitees a arranger la transaction). Petit detail : on ne peut pas retirer immediattement avec la carte, il faut le temps d'envoyer la demande a Singapour (siege social de l'hotel), qui se fait confirmer la solvabilite du debiteur en France, et qui renvoie, 1 a 2 jours apres, l'accord final permettant de palper enfin les fameux billets verts. Bref, heureusement qu'il nous reste quelques cheques voyage de secours pour payer enfin notre taxi et trouver une chambre dans laquelle poser nos sacs a dos.
4 jours dans la capitale pour impregner nos 5 sens des odeurs, des couleurs et de la chaleur birmane, ponctues par une petite tourista des familles suite a un test repas de rue pittoresquement goutu mais malheureusement negatif.

Nous partons ensuite pour le Lac Inlee (environ 450 km, 19 heures de trajet en bus), sur les conseils eclaires de Christine (merci !) et le calme de la region nous seduit tout de suite. La Nature prend le pas sur l'Homme, tant par les arbres verdoyants et fleuris que par des eaux qui inondent les rues de la charmante petite ville de Nyangshwe ("banane d'or" un peu gorgee d'eau a notre gout). Nous profitons des elements a fond la forme : randonnee de 9h dans un chemin boueux, et ce, sans la moindre victuaille (il parail qu'il faut que nous fassions attention a notre ligne depuis l'Inde...). Bon d'accord, on s'est tellement jete sur la bouffe en rentrant que les benefices en ont ete quelque peu diminues.
Bien sur, la region est propice a une ballade en bateau, afin de decouvrir tous les petits villages qui bordent le lac, et qui vivent en partie d'artisanats locaux : fabrication d'ombrelles, de bijoux en argent, ainsi que de vetements de soie et de fibres de lotus confectionnes patiemment au metier a tisser... les decouvertes ne manquent pas, et le courage des travailleurs non plus. Nous voguons egalement parmi une population qui vit beaucoup du secteur primaire : peche, bien sur, mais aussi culture de fruits, fleurs, et legumes sur l'eau ("jardins flottants"), qui se vendent ensuite a travers tout le pays. Malgre notre ecran total, nous subissons les assaults de l'astre solaire, qui rougissent nos peaux pourtant deja brunies par les semaines precedentes. Les 3 jours d'escale nous permettent egalement de faire la connaissance d'un jeune guide (25 ans) fort sympathique, qui nous fait decouvrir quelques plats du coin ma fois pas trop mauvais (mais ca vaut pas l'Inde...) et en tous cas tres bon marche.

Nous prenons ensuite la route pour Taunggyi (1h30 pour 37km en pick up, sorte de jeepnee local, clin d'oeil a Toftof), dans laquelle nous nous offrons la encore une ballade surplombant la petite citee. C'est la que nous faisons la connaissance de moines boudhistes, qui nous invitent a prendre le the (decidement, c'est une religion particulierement accueillante) et avec qui nous echangeons avec plaisir. Nous repartons le soir meme pour Madalay, deuxieme ville du pays.

Le voyage de nuit est la encore un peu long (11h de bus pour 270 km environ), et nous nous reposerons quelque peu des notre arrivee. Le deuxieme jour nous offre la possibilite de rencontrer des etudiants, qui, par le fait qu'ils souhaitent ameliorer leur anglais, abordent tous les etrangers de la colline de Mandalay (lieu particulierement touristique bien evidemment). Nous accrochons tout de suite dans les echanges avec ses autochtones, qui nous apprennent beaucoup sur leur pays (comme nous leur partageons egalement notre quotidien en France, a leur grand etonnement).
Dans les jours qui suivent, leprojet culture de differences fait un bon en avant : tres motives pour le faire avancer, nous decidons de nous rendre a un orphelinat fonde par une none boudhiste. L'accueil qu'on nous y reserve est tout simplement fabuleux : non seulement ils sont tres partants pour participer au projet lorsqu'on leur montre les oeuvres francaises et indiennes, mais nous sommes invites a repasser le lendemain pour que nous puissions rencontrer tout le monde. Ce jour sera l'un des points culminants de notre voyage (au moins en terme emotionnel, n'est ce pas Aline et Raph!) : nous faisons dessiner pres de 80 jeunes filles agees de 4 a 16 ans (dans un calme incoyable d'ailleurs, rien a voir avec l'animation de nos classes francaises), et leurs oeuvres nos rechauffent le coeur. Je mitraille de photos tous ses visages joyeux, qui ont pourtant perdu leurs parents tres jeunes. Quel est le secret de leur bonheur ? Je le rencontre quelque temps apres, dans la personne d'un petit but de bonne femme de 96 ans, au sourire accroche edente malgre ses yeux presqu'aveugles. Elle me sert tout de suite la main, et nous remercie enormement de notre presence, ne desserant son etreinte (heureusement tres ciblee) qu'une petite demi heure apres, le temps de nous expliquer une partie de sa vie. Ayant perdue elle meme ses parents tres jeune, elle a ete novice puis a fait ses voeux pour passer none bouhiste. Elle a ensuite enseignee a qeqleues unes de ses consoeurs avant de vendre tout l'heritage de ses parents plutot aises pour en faire partager toutes les orphelines qui lui seraient confiees. Aujourd'hui, il existe deux centres comme celui-ci, accueillant pres de 200 orphelins. La visite opportune d'un ministre des armees (allez comprendre) leur a permis de beneficier d'aides substancielles (notamment en termes de frais de scolarite, ainsi que de rations de riz regulieres) moyennant bien sur un suivi et quelques inspections de routines pour verifier que l'iage du Myanmar florissant y est bien vehicule. Le reste du quotidien des orphelines est rendu possible par les dons. Or, tres peu d'etrangers parviennent jusqu'a ce petit endroit perdu dans la ville... pourrai-je aider cette institution extraordinaire a communiquer ? cela dependra de l'emploi du temps de mon wemaster prefere, que je vais me remettre a surcharger de travail tres tres prochainement... En effet, une petite page dediee pour eux, et bien referencee, leur apporterait beaucoup. Nous verrons cela bientot. Dans tous les cas, nous ne pouvons resister a la tentation de leur offrir un petit cadeau (l'equivalent de 30 euros, soit 30 000 Khiats), qui represente pour eux une somme non negligeable. Ce present est dailleurs benit par la responsable, qui nous remercie et nous remercie encore pour tant de gratitude... Peut etre pourrions nous lancerune chaine de solidarite avec ces demunis que si peu d'argent comble de bonheur ?
Apres tant d'emotions, il nous faut a nouveau un endroit plus calme. IL faut dire qu ele climat de Mandalay est tres etouffant de par la chaleur. Nous partons donc en pick up (et c'est tres convivial : 20 personnes a l'arriere d'une voiture au long coffre, c'est beaucoup) vers MayMyo (3h pour 67 km), station d'altitude au milieu de la jungle. Nous nous y ressourcons par une ballade (encore!) dans la vegetation locale luxuriante, a la recherche d'une cascade que nous finissons par trouver (faut dire, ca fait du bruit!) malgre quelques derapages incontroles de nos tongs dans la boue... Le deuxie,e jour de visite nous permet de nous rendre au jardin botanique national, au grand plaisir de nos deux yeux eblouis par la flore asiatique...
De retour a Mandalay, nous profitons de l'etape pour dire au revoir a nos amis birmans. C'est d'ailleurs le jour de l'anniversaire de ma soeurette Clairon (30 septembre pour ceux qui la connaissent et qui ont oublie...), que j'embrasse a posterori pour l'occasion, et que je n'ai malheureusement pas pu joindre le jour meme malgre un essai fort onereux... Bref, je me suis permis de souffler des bougies pour elle, et ca a d'ailleurs beaucoup fait rire nos voisins de restaurant. Les au revoir sont emouvants, tout comme ceux que nous reserve le premier jour d'octobre, lorsque nous revenons (avec quelques jouets en cadeaux) pour saluer une derniere fois les enfants de "notre" orphelinat partenaire. Les "Merci" ("Ce Zu Tin Ba De") fusent, et les larmes montent, malgre le fait que je sois cense etre un homme fort et courageux...

Enfin, la derniere semaine est plus calme : 2 jours et demi de voyage pour arriver sur la plage de Chaungta beach (via Rangoon et Pathein,on vous passe les details du trajet). Nous y rencontrons un couple de francais extraordinaires, et qui vit plutot bien sa petite cinquantaine d'annees en habitant la region depuis deja 2 ans : Robert et Anne Marie. En fait, nous avions compris en ecoutant notre rabbateur qu'ils tenaient un restaurant proposant les plats de notre beau pays. Il ne nous a pas fallu plus de 10 min pour trouver leur petite maison de l'autre bout du monde, la Gariguette, qui n'a finalement du restaurant que la cuisiniere. En effet, Anne Marie, passionnee de cuisine, et Robert, contents d'echanger dans la langue de Moliere (avec le rire de Coluche d'ailleurs et avec l'accent chantant des gens de Narbonne), nous invitent a partager un repas dont nous nous souviendront au moins jusqu'a notre retour en France (merci aux beignets d'aubergine, au canard cuit au four, aux patates champignons sur leur nid d'herbes parfumees, cuites a la braise SVP, a la salade de coeurs de palmiers, au pain fait maison, et au clafoutis fruits de saison : nos palais ne s'ensont toujours pas remis). Quand le lendemain, Jo tombe serieusement malade (sans vouloir affoler sa petite famille, le mercure du thermometre est monte dangereusement pour approcher les 40 degres !), nous avons pu la encore tester leur incoyable hospitalite. S'il est vrai que le medecin n'a pas paru affole (il a d'ailleurs osculte sans rien laisse transparaitre du disagnostic, ce qui est relativement stressant, en tous cas en France), Anne Marie a quant elle apporte sa chaleur maternelle tout au long de la maladie, nous accompagnant a l'hopital pour y effectuer le test (heureusemenet negatif) du palu que nous craignions franchement, et sous tirant finalement au docteur son verdict : insolation ! Si nous nous attendions a cela... Nous n'avions pas vu le soleil depuis la matinee precedente, et le soleil francais n'apporte que tres rarement (en tous cas je crois) des temperatures corproprelles si impressionantes... Enfin bon, la fin du sejour s'est passee au lit pour Jojo, qui s'est completement remise au bon moment : le lendemain, nous partions pour Rangoon dans un bus non climatise, et il fallait etre d'aplomb.

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La Thaïlande :

07 octobre 2004 : Bangkok - Premières impréssions

Ce lendemain, c'etait hier. Apres le voyage en bus, un repas frugal dans la capitale, puis des au revoir a des guitaristes rencontres lors de notre premier sejour a Rangoon, nous avons pris l'avion tot ce matin (lever 4h30...) pour Bangkok. Tout s'est bien passe (et ca tombe bien car je n'ai plus le temps de vous raconter grand chose), et nous sommes bien arrives dans la capitale thailandaise.

Nos premieres impressions : c'est tres moderne, tres grand, plutot pollue, tres touristique, et peut etre un peu moins authentique que notre precedente etape, mais enfin... il faut le vivre pour en etre sur. Nous y sommes plus que prets... Au programme des rejouissances : vous tenir au courant de ce qui s'est passe au Myanmar (la, normalement, on y est presque. Pour ceux qui ont des questions, on y repondra en particulier), vous faire passer les photos (il y en a pres d'une centaine selectionnees (sur un total de plus de 600...) - si j'ai le courage, je reviens apres le diner, sinon, je remets au lendemain, tant pis..., rencontrer des amis d'amis de ma petite maman, dans le cas ou ils connaitraient une petite ecole dans le coin (histoire de tester leurs talents artistiques, non ?), et puis partir de la capitale, parce que la, ben... on respire pas trop, et puis c'est plus cher en plus. Le gros avantage, c'est qu'on peut enfin vous tenir au courant, et pourquoi pas recevoir a nouveau vos nouvelles du pays... n'hesitez pas, cette longue periode d'abstinence etait tres difficile pour nous...

Allez, pour le reste, nous vous laissons admirer les photos (enfin une fois qu'on vous les aura envoyees...), et nous nous contentons de vous embrasser tres fort et tres chaudement (mais pas trop epice) de la capitale thaie (et ca nous fait beaucoup de bien de pouvoir enfin le faire)
A tres bientot,

Joana et Boozzy

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19 octobre 2004 : Sawsdee Krap !! (Bonjour a vous de Thaïlande)

Sawsdee Krap !! (Bonjour a vous de Thaïlande)

Nous sommes un peu confus de ne reprendre contact avec notre patrie que maintenant, mais en quelques mots, c'est que nous avions un peu peur de n'avoir que peu de choses à vous raconter… sans que vous ne soyez jaloux.
Or, le but de notre voyage n'est pas particulièrement de vous faire baver à distance, mais bien de partager avec vous des découvertes passionnantes sur les contrées que nous traversons, et aussi et surtout les populations qui les peuplent et qui ont souvent beaucoup à nous apprendre en terme de mode d'emploi du Bonheur au quotidien.
Il est vrai que sur ce plan, nous avons fait une petite pause, et ceci explique en partie ce long silence radio. Nous allons tacher cependant de vous retracer la dizaine qui vient de s'écouler à la vitesse de la lumière tamisée du soleil tropical, sans pour autant vous donner la furieuse envie de tout plaquer pour venir nous rejoindre (ce qui sera bien difficile ma fois, mais il ne manque que vous dans ce paradis terrestre)

Commençons donc par le moins rigolo, histoire de bien vous montrer que tout n'est pas que doux moments sucres dans ce pays de repos. Ben ce n'est pas très complique, en tous cas pour nous, ça se résume en un mot : Bangkok.
La capitale des 1001 plaisirs, qui engendre sûrement dans sa partie cachée ses 100001 malheurs, que les touristes que nous sommes ne peuvent qu'effleurer du fait des barrières linguistiques et pécuniaires qui nous séparent de cette dure réalité.
Il est vrai que notre couleur de peau nous apporte quand même un certain nombre de propositions de massages plus ou moins approfondis, mais le fait d'être deux, manifestement en couple en plus (non pas que nous manifestions tant que ça notre affection en public, car paradoxalement, ça serait très mal vu, mais je pense que notre Amour doit transparaître à l'extérieur), limite de beaucoup ces petits désagréments que beaucoup viennent du Monde entier pour se les arracher.

Sans trop philosopher, ce retour dans notre monde moderne, avec ce tourisme poussé dans ses formes les plus extrêmes, nous a été un petit peu brutal a la suite de nos péripéties birmanes.
De plus, nous avons choisi comme beaucoup de " routards " du coin le côté pratique d'une rue célèbre pour proposer tout, tout proche, et tout le temps, la fameuse " Kho San Road " de son prénom, et celle-ci nous a directement plongés dans un flot incessant de touristes et dans l'animation effrénée qui va avec, particulièrement la nuit.
Nous avons donc cherche à fuir quelque peu ces agressions sonores en nous dirigeant presque chaque jour au Cybercafé, pour nous enfermer dans le monde virtuel d'une impression de rapprochement avec vous tous, et Dieu que c'était bon !

Je me suis senti revivre d'envoyer quotidiennement mon lot de petits mails, de photos, ou de boulot pour mon ami et désormais vice-Président Matrax, qui a du investir à grands coups de temps libres pour essayer de mettre à jour ce long moment d'absence sur notre site. Je ne sais comment le remercier, car beaucoup d'entre-vous nous écrivent pour nous féliciter de ces aventures et de ces clichés en ligne.
Finalement, il mérite plus que nous ces remerciements, et il m'a d'ailleurs fait passer le message qu'il était preneur de toute proposition concernant le site sur son mail dédié : m.marracq@neuf.fr. Je vous laisse donc a vos claviers pour tous ceux qui apprécient de pouvoir partager avec nous le voyage, ou tous ceux qui retrouvent encore des améliorations à apporter dans la façon dont il vous est présenté … Apres tout, on a tous à apprendre des autres, " il faut cultiver la différence ", et a plusieurs, on
construira sûrement un site meilleur (a défaut d'un monde… faut commencer par le début…).
En parlant de cela d'ailleurs, je suis à la recherche de volontaires particulièrement sympas qui souhaiteraient mettre leurs compétences informatiques au service d'une toute petite asso en assistant notre webmaster préféré Mat. En effet, son couple est presque en péril à cause de nous, car il passe plus de temps devant l'écran qu'avec sa douce et tendre. J'ai bien eu quelques propositions déjà, mais je n'ai plus de nouvelle (Claire… Raph… où êtes vous ?...)

Trêve de digression. Nous en étions donc a Bangkok, qui a été l'occasion pour nous de profiter des communications pour reprendre contact avec vous. On s'est aussi offert une petite journée tourisme, car la capitale regorge de richesses culturelles, et il eut été dommage de passer à coté. Nous avons donc visite le Bouddha couché, qui, avec ses 46 m de longueur et ses 15 m de hauteur, ne passe pas inaperçu (surtout qu'il est recouvert de feuilles d'or, ce qui n'arrange rien à son camouflage). Très joli, et
les petits monuments qui l'entourent et qui forment la plus grande école bouddhique du pays nous ont donné un aperçu sympa de l'architecture locale. Selon nous, un mix entre la Cité Interdite de Beijing et la Paya Shwedagon de Rangoon… C'est rigolo de se dire que justement, le pays est situé également géographiquement a l'intersection des deux pays. L'inspiration sculpturale voyage-t-elle autant que les hommes ?

Ces découvertes ont cependant très rapidement comble notre soif de Culture, car la pollution sonore et atmosphérique de la capitale a donné à notre journée visite une envie de raccourcir au maximum nos déplacements.
Nous avons persévéré cependant, et avons cherché à nous imprégner de l'ambiance de China Town, pensant y trouver un marché animé de commerçants souriants et aguicheurs. Erreur. Plus de monde, donc plus de pollution, le marché était composé de boutiques vendant plus de DVD et de Playstation 2 que d'ananas et de poissons, et le mouvement incessant des véhicules crachant dans les rues leur monoxyde de carbone a carrément fait tomber notre motivation en dessous du niveau de la mer. Nous avons donc fuit le
quartier, en empruntant un moyen de locomotion très reposant : le bateau express. (traduction littérale du " express boat " de notre carte touristique)

Il s'agit en fait d'une sorte de métro sur l'eau, qui s'arrête à des stations comme son cousin ferroviaire. L'équipage, se partageant entre l'avant et l'arrière de l'embarcation, se divise les taches intelligemment (comme des pros quoi… à croire qu'ils font ça tous les jours…) : Un siffletier (on l'a appelé comme ça car il a un sifflet au bord des lèvres tout le temps, et il n'a pas l'uniforme du policier ni de l'arbitre de foot) indique à grand coup de roulette vibrante les manœuvres que le conducteur, une
bonne vingtaine de mètres plus loin, exécute avec maestrio afin que les passagers puissent descendre tranquillement sur le quai. Un vrai travail d'équipe… Nous n'avons pas assiste encore au spectacle du siffletier farceur qui induit en erreur son pilote histoire de tester les compétences en natation de ses passagers.
Impressionnant et détendant ce moyen de locomotion. 100 fois moins cher que nos bateaux mouches, il désengorge d'autant les artères saturées de la capitale. A retenir pour compléter le don des berges de la Seine aux cyclistes… Pourquoi ne pas encourager les avironnistes à remplacer les péniches sur le fleuve ?

Pour conclure cette journée visite, nous nous sommes octroyés le summum du modernisme en terme de transports (enfin, pour nous) : le Skytrain. Une sorte d'Orlyval local, métro futuriste a air conditionné, badigeonné sur tout son long de déco publicitaires gigantesques vantant les mérites des crèmes anti stress nécessaires a la survie de milliers de femmes d'affaire déambulant parmi ces buildings, que nous traversons en 20 petites minutes dans un glissement presque silencieux de notre serpent métallique
électrique. Que de gratte-ciel ! Nous sommes définitivement à des milliers de km de la capitale birmane…

Nous n'avons pas regretté notre départ de la capitale, qui commençait à être étouffante. Pour continuer dans les changements avec notre précédente destination, nous avons pris un bus de luxe a couchette inclinable. Nous avions pourtant essayé de demander le minimum, mais il semble que les bus sans air conditionné n'existent plus en Thaïlande… Au premier arrêt " dîner des voyageurs ", nous avons compris que c'était vrai. Une 50aine de bus, tous plus luxueux les uns que les autres, concouraient sur le parking
pour la création de la 7e étoile qui graduerait avec plus d'exactitude l'offre de confort et les services qu'ils proposent. Et dire qu'il y a quelques semaines, nous étions entasses à 20 dans 3 m carres de pick up…
Apres 10 heures de ce car climatisé, nous prenons un ferry qui ne l'est pas moins. Un film et demi plus tard (papa, le Dernier Samouraï, c'est top, même s'il m'a manqué quelques petites subtilités dues a mes limites linguistiques), nous arrivons enfin sur notre étape actuelle : Kho Phan Gan.

Petite île normalement encore épargnée par les hordes de touristes, elle nous apporte depuis maintenant près d'une semaine un repos que nous ne refusons pas… Il serait injuste de notre part de nous étendre trop sur le sujet, car beaucoup d'entre vous travaillent d'arrache pied sous un ciel grisâtre. Nous vous laissons donc imaginer ce que peut donner une île thaïlandaise bordée de cocotiers, entourée d'une ceinture de coraux qui permettent à des milliers de poissons multicolores de s'offrir en spectacle
devant mes yeux ébahis (lorsqu'ils sont protégés par mon investissement local : le masque de plongée), dans un balai improvisé au fil des courants marins. Pensée particulière a Toftof.

Ca fait drôle de se poser un peu, et de ne plus avoir à transbahuter notre maison sur le dos tous les 3 jours… Nous profitons à fond des hamacs de notre bungalow rustique (nous avons réussi à dénicher la perle rare : pas d'air conditionné, eau froide dans la douche et chasse d'eau manuelle SVP ! Le pied !), et reprenons un peu de sport dans nos moments perdus (faut bien garder la forme) : randos, natation, snorkeling (plongée en apnée pour les amis de la francophonie) et même footing sur les routes
accidentées de l'île depuis peu ! Qu'il est bon de respirer un peu l'air du large !

Il ne faut cependant pas que nous nous endormions sur ces moments de détente. Nous avons quelques contacts dans la capitale pour trouver des enfants susceptibles de nous partager leur vie a travers quelques couleurs couchées sur le papier, et nous sentons tous deux que nous aspirons à un retour aux routes prochainement… Ceci fera sûrement l'objet d'un prochain épisode électronique, car vous avez déjà consacré trop de temps à cette lecture peu riche en sens et en valeurs.
Je vous rassure cependant sur un petit point : nous tachons de sortir quelque peu des complexes hôteliers de la cote pour prendre quelques cours de thaï et rencontrer parfois la population locale. Elle apprécie (comme toutes d'ailleurs) ces efforts linguistiques et nous avons, je pense, droit a plus de sourires sincères que beaucoup d'autres touristes lorsque nous nous baladons autour de notre point de chute.

Pour le coté retour aux sources (après c'est fini, promis), deux voisins français ont débarqué il y a deux jours dans le bungalow jouxtant le nôtre. Sympa de reparler la langue de Molière avec ces quinquagénaires soixante-huitards qui, " a défaut de changer le monde, ont changé de monde " (la formule n'est pas de moi, mais de Robert, du Myanmar, que je remercie au passage. Je crois d'ailleurs l'avoir déjà utilisée dans mon précédent mail… il est temps que je réécrive moi, je deviens gâteux !) : ils
travaillent sur la Promenade des Anglais niçoise (si c'est pas un retour aux sources ça… je vous l'avais dit !) à faire des tatouages au henné aux touristes, et ce pendant 6 mois. Le reste de l'année, c'est voyages sous les cocotiers. Elle est pas belle la vie ?

Voila, ce coup ci, c'est la bonne (depuis le temps !). Nous aussi, on trouve que la vie est très belle, et ce n'est pas difficile quand on est ici. On a aussi le temps de penser très fort a vous, et c'est ma fois fort agréable… A défaut de ne pouvoir pas encore vous serrer dans nos petits bras bronzés ;-)
On vous promet plus d'aventures dans notre prochaine édition, car le confort omniprésent commence à nous enquiquiner quelque peu (enfin, je ne dirai pas non plus que ça nous rend malheureux, mais… il nous manque quelque chose quoi… Peut être sommes-nous en train de devenir très difficiles…)
Gros gros bisous exotiques a tous ceux qui ont besoin de vacances, on se permet d'en profiter pour vous tous !!!
A bientôt, " Po Can May Krap ! " (a la revoyure)

Boozzy et Jojo"

(sommaire)

 

28 octobre 2004 : Dessine moi la Thailande

28/10/04


Ola la compagnie !

Il parait que beaucoup d'entre vous n'ont pas reçu les précédentes nouvelles datant de 12 jours aujourd'hui. Je ne sais pas ce qui a bugué, mais pour tous ceux la, je m'excuse, et vous prie de bien vouloir trouver nos dernières péripéties sur le site.

En 2 mots, nous nous reposions de toutes nos aventures sur île plutôt sympathique, et commencions à sentir l'apathie nous gagner. Il était donc temps de partir, ce que nous fîmes vendredi dernier au matin, en direction à nouveau de la capitale. 4h de ferry, 4h d'attente, et 9h de bus plus tard, nous arrivions frais et dispos, mais les yeux clos, a Bangkok.

Le temps de reprendre pieds avec la réalité (dormir un peu quoi), prendre de vos nouvelles au cybercafé, nous apercevoir de la progression encore et toujours faramineuse de notre site grâce au travail acharne, bénévole, et extraordinaire (je voudrais pas t'encenser vieux, mais la…) de notre ami Matrax, qui décidément, est d'un dévouement a toute épreuve. (je t'adouberai chevalier a notre retour, promis).
Maintenant, vous pouvez donc y découvrir des dessins de nos premières destinations, les bilans de ce qui nous a marque dans chacune d'entre elles, et toutes les nouvelles envoyées depuis le début, sans compter la carte mise à jour de notre périple et les nombreuses photos que nous avons bien voulu vous envoyer (nous en gardons un petit peu pour les expos a notre retour, sinon il n'y aura plus aucun intérêt à y aller…)

Et puis nous avons réussi à contacter, par connaissances interposées (merci Claire et maman, du mouvement des focolari), l'association Point Cœur sur Bangkok, afin de faire avancer notre projet, et de découvrir à nouveau plus profondément les réalités du quotidien des enfants d'ici.
Pour vous situer un peu la chose, Point Cœur a été créé par un prêtre français qui s'est aperçu que beaucoup d'enfants souffraient de manque d'Amour, et qu'ils étaient souvent regroupes en zones sensibles, qui forment des points noirs sur notre planète. Son idée est simple : créer à coté de chacun de ces points noirs des points cœurs, distributeurs d'affection aux endroits ou il y en a le moins, et ou il y en a le plus besoin. Pour mieux comprendre toutes ces structures, je vous renvoie sur leur site, qui
est très bien fait (www.pointscoeur.org ).

De notre cote, nous sommes aller vivre un après midi avec celui de Bangkok, et nous ne l'avons pas regrette ! La cellule est simple : 4 femmes, une permanente et 3 volontaires qui s'engagent pour deux ans à dispenser de l'affection aux personnes qui les entourent dans leur bidonville : malades, personnes âgées, enfants, … tous ceux dont le besoin est encore plus présent que les autres.
Quand nous sommes arrives, leur accueil simple et souriant nous a tout de suite séduits. Il faut dire que nous sommes arrives à quatre, avec un couple australio-norvegien avec qui nous avions sympathise dans les jours précédents, et qui étaient très intéressés par notre projet. Et bien pas de problème, la plus anglophone de nos hôtes, Lucile, ou Phii Fon ("Grande sœur pluie"), s'est fait un plaisir d'accueillir nos amis et de les emmener avec elle pour la visite des malades du SIDA, des personnes âgées et
des enfants du quartier, tandis que nous organisions une séance "Dessine moi la Thailande" avec ceux qui venaient visiter le petit local qui leur est ouvert l'après midi…
D'ailleurs, il faisait tellement beau (comme tous les jours en ce moment) que nous avons tous finis dehors, dans le petit square attenant, pour que les artistes en herbe s'expriment à l'air libre, et qu'ils puissent ainsi également profiter de mes quelques tentatives de jonglages malgré le manque d'entraînement dont je souffre actuellement. Mes essais ont été appréciés, mais il a fallu bien vite passer le flambeau, et essayer de leur transmettre le peu de compétences clownesque qu'il me reste, et ce dans le
langage des signes, bien entendu, car je ne suis pas encore expert en Thai contrairement a nos amis du Point Cœur d'ailleurs. Même si elles sont parfois la gentillesse et la pitié de traduire certaines de mes instructions mimées, les progrès ne sont pas suffisamment rapides au goût de beaucoup, et la séance jonglage dégénère bien vite en Base-ball - Pétanque, dans laquelle mes instructions n'ont plus aucune utilité. Mes balles y laisseront des plumes (et beaucoup des petites billes de plastique qui les
composaient, car elles sont maintenant très mal cicatrisées), mais les sourires d'enfant fusent, et nous vivons en direct le quotidien d'une seule des journées de Point Cœur… C'est vrai que l'affection et l'Amour entraînent une joie chez ces enfants, qui reconnaissent d'ailleurs toujours nos hôtes lorsqu'elles se baladent dans la rue !
L'après midi est fort en émotions, tant physiques que morales, mais nous parvenons à récolter notre lot de chef d'œuvres, et à comprendre une infime partie de l'œuvre que ces femmes (plutôt courageuses il faut bien le dire, car c'est un travail quotidien de chaque instant) parviennent à construire jour après jour, pour le plus grand bonheur des délaissés de leur quartier…
Chapeau bas a cette structure, qui semble ne pas être la seule à dispenser son affection a travers le monde, car je crois que 24 autres oeuvrent contre d'autres points noirs de la planète.
Merci de votre accueil, des dessins, et nous espérons bien sur tout le bonheur a toutes les personnes dont vous vous occupez si bien au quotidien ! Bon courage pour la suite !

Apres toutes ces émotions, le départ de Bangkok dès le lendemain ne nous a pas laisse vraiment le temps de respirer, mais notre visa approche de sa date d'expiration, et il faut en profiter jusqu'au bout.
Nous nous sommes donc accordes une pause culturelle d'une journée à Ayatuya, ancienne cité royale du Royaume du Siam. Nous avons pu y admirer des temples de style khmers, d'autres plus récents, typiquement thaïs, ainsi que de célèbres boudhas, enracines par les ages et par les arbres, couché pour un