Questions des enfants de l’Ecole Jules VERNE
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Voici tout d’abord les questions qu’ont suscitées
nos étapes tibétaines et indiennes :
1 Comment les enfants
vont-ils à l'école ?
Au Tibet, rares
sont les enfants qui ont la chance d'aller a l'école. Plus de la moitie d'entre
eux ne savent ni lire, ni écrire. En fait, il s'agit d'une volonté du peuple
chinois pour qu'ils ne se transmettent pas de génération en génération la
culture tibétaine, car cette région fait maintenant partie de la Chine, et
selon son responsable, elle n'a plus à avoir de spécificité particulière.
L'école est donc payante, et dans la région du Tibet, les instituteurs sont
chinois (et ils apprennent donc le mandarin aux enfants). La plupart des rares
enfants tibétains qui vont à école habitent donc les grandes villes (Lhassa,Shigatse)
et vont à école a pieds ou en bus (car très peu de parents ont des voitures
qui coûtent cher et sont souvent réservées aux Chinois, beaucoup plus riches).
D'autres enfants
tibétains sont envoyés à école en Inde, au Ladack, afin d'y recevoir une éducation
bouddhiste dans la tradition tibétaine. Cet enseignement de choix est réservé
à quelques privilégiés, qui sont alors souvent obliges de quitter leurs familles
pour de longues périodes, quand celles ci n'émigrent pas carrément en Inde
afin d'entourer à nouveau le Dalai Lama.
Enfin, d'autres
sont pousses par les Chinois à aller étudier en Chine, car l'enseignement
de cette langue est obligatoire si les Tibétains veulent avoir un poste un
petit peu important. Pour eux, la culture tibétaine s'efface peu a peu au
profit de la suprématie chinoise.
En
Inde, la plupart des enfants vont à école Ils sont d'ailleurs habilles en
uniforme pantalon (pour les garçons) ou jupe (pour les filles) bleu, chemise
blanche, avec l'écusson de l'école dans laquelle ils se rendent. Pour eux,
beaucoup de possibilités pour se rendre à école A pieds, quand ils sont tout
près. Souvent cependant, ils prennent un rickshaw, sorte de moto a trois roues,
avec un ou plusieurs sièges a l'arrière pour les passagers. Le rickshaw passe
les prendre chez eux, et ils s'entassent sur la banquette arrière à 5, 6,
parfois même plus jusqu'a leur école Enfin, le bus, ou la bicyclette (pour
les plus grands, car la circulation est souvent dangereuse), sont aussi utilises
pour se rendre à l'école en Inde.
2 Les enfants ont -ils des livres,
des jouets?
Au Tibet, les
enfants sont globalement très pauvres, et nous n’avons pas vu beaucoup de
jouets ni de livres dans leurs petites mains. Bien sur, ils ont eux aussi l’age
de jouer, et ils s’occupent donc avec ce qu’ils peuvent : Nous avons vu un
enfant traîner un rat mort au bout d’une ficelle, ce qui l’amusait beaucoup
(nous beaucoup moins d’ailleurs). Mais surtout entre eux, une sorte de loup.
Ils vont aussi beaucoup avec leurs parents prier dans les monastères, et leurs
jouets prennent parfois la forme de moulins a prières en plastique (je vous
montrerai ce que c’est à mon retour... surprise...)
En Inde, il
semble qu’il y ait plus de jouets, même dans la rue, à vendre dans les
magasins. Les deux qui ont retenu notre attention sont les suivants: Le
cricket, sorte de base-ball arrangé (dont nous n’avons toujours pas vraiment compris
les règles), et qui remplace notre football à nous (vous imaginez à Jules Verne
: pas de terrain de foot, pas de ballon, juste une petit balle, une batte, et
tout le monde autour pour essayer de la rattraper quand le batteur reussit son
coup). Le deuxième, c’est les cerfs- volants. Beaucoup d’indiens s’en
fabriquent eux même, car c’est un jouet à pas cher, et ils sont très nombreux à
les faire voler au-dessus des toits, notamment a Varanassi. Les Indiens jouent
globalement beaucoup entre eux, et dans la rue. En revanche, nous n’avons pas
vu beaucoup d’enfants indiens lire, mais nous supposons qu’ils ont quand même
des livres, surtout en classe par exemple...
3 Les dromadaires servent à
quoi ?
Au Tibet, je ne
vous ai pas envoyé de photos de dromadaire, n’est ce pas. Il n’y en a pas.
Cependant, il y a quelques chameaux parfois (deux bosses), qui transportent les
marchandises sur des longues distances.
En Inde, les
dromadaires ont plusieurs fonctions. Comme leurs cousins à deux bosses des pays
froids, ils transportent les marchandises sur de longues distances dans les déserts
chauds, et ce grâce à leur bosse qui leur permet de boire près de 100 litres une
fois qu’ils sont déshydratés. Cela leur permet de tenir près de 10 jours sans
boire en saison sèche, et deux mois en saison des pluies ! Ainsi, ils sont très
utilises pour les transports, mais aussi pour la qualité de leur viande, et du
lait que les femelles fournissent. C’est une des rares espèces domestiques
utilisées pour toutes les productions possibles (lait, viande, cuir, fumier,
transport, travaux agricoles, selle, course). De notre cote, nous avons
essentiellement connu son développement touristique dans la ville de
Jaiselemer, en Inde. En effet, tous les hôtels proposent à leurs clients une
balade dans le désert, allant de quelques heures à plusieurs jours, et le côté
“extraordinaire” de la chose (nous n’avons en effet en France ni désert, ni
dromadaire), poussent beaucoup de touristes à payer ces randonnées très cher. On
peut dire que le dromadaire sert ici à faire gagner de l’argent a ses propriétaires,
et aux habitants de Jaiselmer qui vendent les balades très très cher...
4 Le yack est élevé pour
quoi ?
Au Tibet, le yack
est très très utile car il résiste très bien au froid, et il se déplace très
facilement dans les montagnes malgré les fortes pentes. Il peut ainsi se déplacer
et se nourrir facilement. On l’élève donc là aussi pour les transports, afin
qu’ils aident les hommes à se déplacer d’un village a un autre (c’est souvent très
difficile d’utiliser la voiture, il n’y a parfois même pas de route !)
Cependant, on l’élève
aussi pour s’en nourrir, et pour s’habiller : Sa fourrure est très chaude, et
beaucoup de vêtements sont confectionnes grâce à elle (malgré l’odeur très
forte qui s’en dégage !) pour résister aux baisses de températures, notamment
en haute montagne. Sa viande est très appréciée par la population locale (un
peu moins par nous, car celle de notre bœuf est beaucoup plus tendre, et a un goût
beaucoup moins fort), et les boucheries qui ne vendent que du yack sont très
nombreuses a Lhasa.
De plus, les
dries (femelles du yack) produisent un lait qui est lui aussi utilise tel quel,
comme beurre, et parfois même le beurre rance qui se met dans le thé (nous, on
n’aime pas beaucoup ça).
La graisse des
yacks permet également de faire des bougies, et est un très bon combustible,
notamment pour les nomades qui ont besoin chaque jour du feu pour chauffer
leurs aliments.
Ils utilisent
d’ailleurs également les bouses de yack qu’ils font sécher afin d’allumer les
feux si précieux dans ce pays très froid. Nous avons d’ailleurs essaye ce
combustible dans notre randonnée à Tsurfu, et nous confirmons : ça marche très
bien, et ça ne sent même pas trop mauvais !
5 On manque d’eau dans le désert
?
En effet, les déserts
sont souvent des régions qui manquent beaucoup d’eau, notamment les déserts
chauds de l’Inde. Du fait de leur situation géographique et du climat très
chaud qui y règne, ce sont des endroits ou les plantes vertes ne parviennent
pas à pousser, car elles ont comme nous besoin d’eau. Cependant, certaines
populations nomades parviennent à y vivre, car elles connaissent ce problème
essentiel a leur survie et font suffisamment de réserves d’eau pour vivre entre
leurs différentes étapes (villes ou oasis dans lesquels ils peuvent trouver de
l’eau). Il y a également quelques petits villages en bordure de désert, dans
lesquels la population a fait creuser des puits (car l’eau est parfois enfouie très
profondément dans le sol, c’est la nappe phréatique) ou alors elle se fait réapprovisionner
par des camions citernes qui transportent le précieux liquide...
6 Il y a des magasins ?
Au Tibet, il y a
peu de magasins en dehors de la capitale, Lhasa. La plupart d’entre eux sont
chinois, et sont destines soit aux touristes, soit aux chinois, car la
population tibétaine achète surtout de quoi se nourrir, et parfois de quoi
donner en offrande dans les monastères (ils sont très religieux...) En dehors
de la capitale, quelques rares petites épiceries vendent de quoi grignoter,
mais sans plus...
En Inde, en
revanche, c’est l’inverse. On vend de tout et de rien, et partout. Ce sont
toujours des petits magasins, parfois qui vendent exactement la même chose tout
en étant places cote à cote, et la concurrence est très rude. Nous n’avons pas
vu de très grands supermarchés, ou de centres commerciaux comme le Nice Etoile,
mais le nombre de petits commerces apporte suffisamment pour que nous n’en
ayons pas l’utilité. D’ailleurs, il y a même des vendeurs ambulants qui
apportent nourriture et boissons partout ou on peut en avoir besoin (dans le
train par exemple, même pendant la nuit, les vendeurs hurlent pour vendre leur thé,
ou encore dans le désert, j’ai pu m’acheter une bière fraîche pour me désaltérer
!). On trouve donc de tout, et c’est plutôt bon marche (car ils ont un niveau
de vie bien inférieur au notre) et j’ai par exemple acheté mon appareil photo numérique
deux fois moins cher qu’en France, dans un gigantesque marche sous terrain de
Delhi qui est compose de centaine de petites boutiques qui vendent de tout...
pour ceux qui ont de l’argent...